The Midnight Sky, la fin du monde de George Clooney

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Quoi de mieux, pour se mettre dans l’esprit du temps des fêtes, qu’un film racontant la quête d’un homme mourant sur fond d’apocalypse? La pique est facile, certes, mais The Midnight Sky, une adaptation du roman du même nom de Lily Brooks-Dalton réalisé et mettant en vedette George Clooney, est un objet cinématographique si étrange qu’il est permis de s’interroger sur les motivations de Netflix, qui diffuse le long-métrage. D’autant plus que l’oeuvre a effectivement été lancée à la fin décembre.

Sur une Terre en pleine destruction, en raison d’une erreur scientifique qui n’est jamais expliquée, Clooney, qui interprète un passionné de la vie extraterrestre se mourant d’un cancer, devient en quelque sorte le dernier humain vivant à la surface de la planète. Coincé dans un observatoire installé dans le Grand Nord canadien, il finira par rencontrer Iris, une petite fille avec qui il finira par établir une brève relation.

Pendant ce temps, dans l’espace, l’équipage d’un vaisseau d’exploration revient lentement d’une nouvelle lune de Jupiter où la vie est non seulement possible, mais où elle serait foisonnante et facile. Une sorte de deuxième maison pour des Terriens possiblement à bout de ressources.

Le film a beau être doté d’un budget de 100 millions de dollars, et rassembler une distribution relativement solide, notamment avec Felicity Jones, en plus de M. Clooney, bien entendu, The Midnight Sky est si vide de sens qu’il ressemble à pratiquement tous les films du même genre. Un mélange de messianisme chrétien, avec le personnage de Mme Jones attendant un enfant, enfant qui est destiné à la Terre promise, en orbite autour de Jupiter, pendant que le vieux patriarche à la longue barbe blanche se meurt, avec de l’alarmisme environnemental remâché.

Il ne faut pas oublier, non plus, les séquences prévisibles de danger à bord du vaisseau spatial. Il faut emprunter une nouvelle trajectoire? Il y aura forcément des astéroïdes, et l’un des personnages secondaires va mourir. Sans oublier le sacrifice d’autres coéquipiers en fin de film. Est-ce parce que le scénario n’a plus rien à leur offrir, ou parce que le nouvel Eden n’a de la place que pour de jeunes adultes?

Pendant deux heures, on attend, on espère que le scénario reprendra vie, que le film gagnera en vigueur, qu’il se passera finalement quelque chose qui n’est pas excessivement prévisible ou particulièrement ennuyeux. En vain.

Visuellement, pourtant, le film se tient. Et le jeu des acteurs est suffisant pour ne pas s’endormir, ou ne pas se lever pour aller faire autre chose. C’est tout le reste qui est si… beige. Et après une année quasi-entière à s’ennuyer chez soi, entre quatre murs dont on a depuis longtemps fini de se lasser de la couleur, un film beige n’était certainement pas nécessaire.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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