Quoi de neuf, Doc? Le coffret Bugs Bunny 80th Anniversary Collection

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Pour souligner le quatre-vingtième anniversaire de Bugs Bunny, l’un des personnages les plus iconiques du monde de l’animation, les studios Warner lancent un coffret spécial, que tous les fans du lapin voudront se procurer.

Après des apparitions, sous une forme primitive, dans quelques dessins animés des studios Warner, c’est en 1940 que Bugs Bunny voit officiellement le jour dans sa version définitive, doublé par le légendaire Mel Blanc. Proie de tous les appétits et personnification de cette nature que, malgré tous ses efforts, l’homme ne parvient pas à dompter, le lapin anthropomorphique saluant tous les gens qu’il rencontre d’un « Quoi de neuf, Doc? » est espiègle, frondeur, irrévérencieux, vif d’esprit, et finit toujours pas avoir le dessus sur les nombreux prédateurs voulant sa peau, qu’il s’agisse de simples chasseurs, du roi de la jungle, de scientifiques fous, de robots exterminateurs, de vagabonds affamés, de la mafia ou de pirates. C’est sans doute ce qui explique l’immense succès du personnage, autour de qui l’univers des Looney Tunes s’est développé, et sa propulsion au rang des figures les plus reconnaissables du monde de l’animation.

Le boîtier du coffret

Sans présenter l’intégrale de son œuvre, le coffret Bugs Bunny 80th Anniversary Collection regroupe tout de même soixante courts-métrages d’animation, parmi lesquels plusieurs classiques, parus pour la plupart entre 1940 et 1964. On peut y voir sa toute première apparition dans le film A Wild Hare, et il est intéressant de suivre l’évolution du personnage à travers les années, tout d’abord dans la série Merrie Melodies, qui sera ensuite renommée Looney Tunes. On assiste à l’arrivée de plusieurs personnages mémorables dans l’entourage du lapin : Elmer Fudd, le chasseur qui prononce les « R » et les « L » en « W », le colérique Yosemite Sam et ses longues moustaches rousses, Marvin le Martien, Daffy Duck, le vilain canard jaloux de sa popularité, ou Wile E. Coyote qui, avant de devenir l’ennemi juré du Roadrunner, essaya de capturer Bugs avec ses stratagèmes se retournant inévitablement contre lui.

Revisitant les contes comme Jack et le Haricot magique, Boucle d’or, ou le Petit Chaperon rouge, parodiant Superman, Robinson Crusoé ou les Chevaliers de la Table ronde, détournant le Barbier de Séville, tournant en bourrique Napoléon Bonaparte ou revisitant l’histoire des États-Unis à sa façon, les aventures du lapin possèdent une qualité intemporelle, et sont toujours aussi drôles aujourd’hui, grâce à un humour de type « slapstick », comprenant des chutes en bas de falaises, des personnages aplatis par des rochers ou des coffres-forts massifs et des explosions en pleine figure. Bugs Bunny propose aussi une touche d’absurde, et même un côté subversif, qui se révèle dans le film No Parking Hare, alors que le lapin résiste farouchement à son expropriation lors de la construction d’une autoroute passant sur son terrier, sabotant les machineries et finissant par avoir gain de cause.

Image tirée de Looney Tunes

La restauration est remarquable, au point où l’on distingue même les saletés, les déchirures et autres imperfections sur la pellicule dans les plus vieux courts-métrages. La série ne s’intitule pas Looney Tunes pour rien, et chaque film est rempli mur à mur de musique, avec des pièces du répertoire classique comme le Beau Danube bleu, l’Ouverture de Guillaume Tell ou la Chevauchée des Valkyries, mais aussi du jazz, dont les compositions déjantées de Raymond Scott. Avec des mouvements extrêmement fluides, gracieux même, l’animation et le son forment une symbiose parfaite, et les gestes des protagonistes sont souvent ponctués par la musique: un accord de piano est plaqué lorsque Bugs flanque une baffe à un autre personnage par exemple, et quand il marche sur la pointe des pieds, chaque pas s’accompagne d’un note de xylophone. Le lapin mélomane pousse régulièrement la chanson en plus.

Présenté dans une boîte reprenant le look d’une caisse de bois de la compagnie fictive Acme, le coffret Bugs Bunny 80th Anniversary Collection regroupe soixante films d’animation, entre six et huit minutes chacun, sur trois disques au format Blu-ray, ainsi qu’un code pour télécharger une copie numérique. Tous les épisodes s’assortissent d’une piste de commentaires, livrée par les historiens de l’animation Jerry Beck et Michael Barrier, les animateurs Bob Clampett, Greg Ford, Eric Goldberg et Chuck Jones, et plusieurs acteurs, réalisateurs et producteurs. On compte une tonne de documentaires et de revuettes, présentant les origines de personnages comme Elmer Fudd, des portraits de Daffy Duck ou Yosemite Sam, ou la soirée 50ème anniversaire du lapin, ainsi que dix films d’animation supplémentaires tirés des archives de Looney Tunes. Le coffret contient en prime une figurine Funko Pop de Bugs Bunny.

Avec soixante courts-métrages d’animation remastérisés en haute définition et une mignonne figurine, les studios Warner célèbrent de belle façon le quatre-vingtième anniversaire de Bugs Bunny, et ce coffret plaira autant aux nostalgiques ayant grandi avec les Looney Tunes qu’aux jeunes d’aujourd’hui, qui découvriront le lapin pour la première fois.

8/10

Bugs Bunny 80th Anniversary Collection

Réalisation : Bob Clampett, Chuck Jones, Robert McKimson, Friz Freleng, Tex Avery

Scénario : Rich Hogan, Ted Pierce, Warren Foster, Michael Maltese, Michael Sasanoff, Lou Lilly, Sid Marcus, etc.

Avec : Mel Blanc, Q. Bryan, Tex Avery, Harry Lang, Sara Berner, Kent Rogers, Robert C. Bruce, Bea Benaderet, Sam Wolfe, etc.

Durée : 420 minutes

Format : Blu-ray (3 disques)

Langue : Anglais, français et espagnol

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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