Un hiver nucléaire pour Wasteland 3

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Tout en remplaçant le désert post-apocalyptique de l’Arizona par les terres enneigées du Colorado, le troisième opus de la franchise Wasteland demeure fidèle à ses racines, en proposant le plus éclaté, et le plus rigolo, de tous les jeux de rôles tactiques.

Les RPG dotés d’un système de combat au tour à tour sont légion, mais rares sont ceux qui possèdent une personnalité aussi déjantée et autant d’humour que Wasteland, dont le premier titre paru en 1988 a d’ailleurs été l’inspiration principale des créateurs de Fallout. Prenant place au 22e siècle, la franchise met en vedette les « Rangers du désert », un groupe paramilitaire ayant survécu à l’holocauste nucléaire et qui s’est donné pour mission de remettre un peu de loi et d’ordre dans ce monde post-apocalyptique où règne la barbarie la plus totale. Délaissant les terres arides de l’Arizona qui servaient de décor à l’opus précédent, ce troisième titre de la série se déplace dans l’enfer blanc du Colorado, alors que le groupe vient prêter main-forte à un certain « Patriarche » en échange de précieuses ressources qui leur font défaut pour rétablir un semblant de civilisation dans leur coin de pays.

On ne contrôle pas un seul personnage dans Wasteland 3, mais bien un groupe de six Rangers, que l’on sélectionne parmi les dizaines de protagonistes rencontrés au fil de l’aventure. Axés sur la stratégie plutôt que les réflexes ou la vitesse de tir, les combats se déroulent au tour à tour, et dès qu’un affrontement survient, le temps s’arrête et des cases apparaissent au sol. Chaque membre de notre équipe dispose d’un nombre restreint de points d’action servant à se déplacer pour se mettre à l’abri ou assûmer une meilleure position, à activer un item, ou à attaquer. Lorsque ceux-ci sont épuisés, l’ennemi passe alors à l’offensive. Plutôt que les perdre, comme c’est souvent le cas, on peut prendre les points restants à la fin d’un tour pour se placer en position défensive, tendre une embuscade, ou les transférer au suivant, une mécanique que plusieurs expériences du genre devraient adopter.

Image tirée du jeu

Chaque quête complétée dans Wasteland 3 accorde de l’expérience à nos héros, permettant de déverrouiller des avantages pour les membres de notre équipe, d’augmenter leurs attributs (intelligence, charisme, force, vitesse, chance, etc.), et d’améliorer leurs compétences. La personnalité du jeu se fait sentir jusque dans les habiletés disponibles, parmi lesquelles on retrouve « lèche-cul » (le pouvoir de soutirer des informations et de convaincre autrui), « trucs d’intello » (facilitant le piratage d’ordinateurs et d’ennemis électroniques), ou « science étrange » (une aptitude pour l’utilisation d’armes non conventionnelles). Un talent permet même de dresser les animaux, et les chiens, chats, lapins, chèvres des montagnes ou poules apprivoisées se joignent à notre groupe et foncent sur l’ennemi de leur propre gré, sans l’intervention du joueur.

Une foule de mécaniques fort intéressantes se conjuguent pour différencier Wasteland 3 des autres jeux du genre. Un cercle apparaît autour de chaque ennemi, et on bénéficie d’une attaque sournoise faisant davantage de dégâts si l’on passe à l’offensive avant d’avoir été détecté. On peut aussi piller tous les cadavres d’une même zone simultanément sans avoir à se déplacer de l’un à l’autre, et l’inventaire est illimité, ce qui est parfait pour ceux et celles qui aiment ramasser tout ce qu’ils voient (dans ce cas-ci, des munitions, des armes et des trousses de secours, mais aussi des chaussettes moisies, des montres Casio, ou une disquette du jeu Bard’s Tale pour Apple II), sans devoir se buter sans cesse à un message les informant que leur sac est plein, ou à un ralentissement des mouvements dû à une surcharge de poids.

Image tirée du jeu

Parmi les nouveautés, Wasteland 3 inclut un véhicule tout terrain muni de chenilles pour les déplacements, et à l’instar des armes et des armures, on peut le modifier à l’aide d’items. Installer un meilleur blindage par exemple permet de traverser des zones où les radiations sont trop intenses. Les développeurs ont également ajouté un mode multijoueurs, et pour la première fois dans l’histoire de la franchise, deux personnes peuvent affronter les dangers du Colorado ensemble. Présenté dans une vue isométrique, le titre s’affiche dans une résolution 4K HDR, ce qui produit des graphiques très détaillés. Le zoom de la caméra permet de s’approcher sensiblement de l’action, mais étrangement, les boutons ne réagissent pas toujours du premier coup, et il faut parfois appuyer à plusieurs reprises avant que l’action demandée ne se produise.

Grâce à un univers intriguant qu’on a envie d’explorer à fond, une galerie de personnages bizarroïdes (dont une secte vénérant une statue de Ronald Reagan), un humour très caustique et des mécaniques aussi originales que solides, Wasteland 3 est une expérience des plus mémorables, que tous les amateurs de jeux de rôles tactiques voudront se procurer.

8/10

Wasteland 3

Développeur : InXile Entertainement

Éditeur : Deep Silver

Plateformes : Linux, Mac OS, PS4, Windows et Xbox One (testé sur Xbox One)

Jeu disponible en français (textes à l’écran seulement)


Autres contenus:

Retour à l’âge d’or des RPG, avec Pathfinder: Kingmaker Definitive Edition

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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