L’horreur spatiale de Void Bastards

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Faut-il se cacher, ou attaquer de front? Reprendre des forces, ou foncer sur l’objectif? Chaque décision aura son importance dans Void Bastards, un jeu d’exploration, de tir et d’horreur développé par le studio australien Blue Manchu et publié par Humble Bundle, notamment connu pour sa boutique de jeux en ligne.

« Conscrit », ou plutôt littéralement réhydraté, le joueur se voit obliger de piller des vaisseaux spatiaux coincés dans la nébuleuse des Sargasses afin de permettre à son vaisseau-mère de disposer de suffisamment de carburant pour effectuer le dernier saut hyperspatial nécessaire afin d’atteindre sa destination. Cela ne se fera pas aisément, cependant, puisque les nombreux vaisseaux à la dérive regorgent de pièces détachées, de nourriture et du nécessaire pour se déplacer dans la nébuleuse, certes, mais ils sont aussi protégés par divers ennemis, souvent plus redoutables les uns que les autres.

Lancé en 2019, Void Bastards tient à la fois du roguelite, à la Faster Than Light, avec son exploration de divers lieux (ici, les planètes et autres lieux spatiaux ont été remplacés par des vaisseaux), et sa possibilité, tout simplement, de passer son chemin pour accélérer la progression. Le hic, bien entendu, c’est que le carburant et la nourriture, deux ressources dont le joueur aura absolument besoin pour aller de l’avant, sont disponibles en quantités limitées, et qu’il sera donc obligatoire, éventuellement, de s’arrêter quelque part.

L’aspect du jeu qui diffère de FTL est le fait que les combats ne sont plus des engagements entre deux vaisseaux, mais plutôt entre le joueur et un ou plusieurs ennemis, quelque part dans un corridor étroit. Les zones à explorer, que l’on doit parcourir en un temps limité, réserves d’oxygène obligent, ressemblent… eh bien, à ce que l’on pourrait imaginer en pensant à l’intérieur d’un vaisseau spatial. Rien de spectaculaire, pas de salle des torpilles photoniques ou de grandes salles de commandement aux gigantesques baies vitrées. Plutôt des vaisseaux ordinaires, si l’on peut dire, avec une salle destinée au traitement des ordures, par exemple, ou encore une cafétéria pour les membres d’équipage.

Non, ce qui vient donner à l’ensemble cette touche d’horreur, ce sont les ennemis. Relativement inoffensifs, au départ, ils deviendront rapidement dangereux, et représenteront ultimement une menace mortelle. Voilà pourquoi foncer en tirant dans le tas sera presque toujours une stratégie suicidaire. Le joueur a beau « ressusciter » dans la peau d’un nouveau personnage en conservant l’équipement accumulé, par exemple, et en obtenant de nouvelles caractéristiques, tout en maintenant aussi sa progression dans la nébuleuse, la discrétion et la ruse seront les deux solutions pour sortir vivant de ces aventures dans les profondeurs métalliques des engins à la dérive.

Outre cet aspect particulièrement réussi, avec la tension constante liée à la nécessité de faire attention pour ne pas attirer l’attention des ennemis, mais aussi à l’obligation de compléter sa visite d’un vaisseau en moins d’une vingtaine de minutes au maximum, Void Bastards semble cependant ne pas disposer d’un petit quelque chose. Ce quelque chose, sans doute, que l’on retrouve dans FTL, justement, où la flotte rebelle poursuit le vaisseau dirigé par le joueur, ce qui lui laisse peu de temps pour choisir sa prochaine destination. Ou toute la pression, sans doute, que l’on constate dans Bioshock, un jeu sur lequel a travaillé l’un des créateurs de Void Bastards, où le protagoniste se retrouve à l’intérieur d’un monde particulièrement vivant. Un monde à la dérive, certes, mais un monde vivant malgré tout.

Comme jeu d’action et de tactique, Void Bastards est franchement intéressant, d’autant plus que le monde en cell-shading diffère grandement du style habituel de ce genre de jeu, ce qui apporte une originalité certaine. Cependant, les amateurs de scénarios complexes devront passer leur chemin, malheureusement. À essayer, donc, en modérant peut-être ses attentes.

Void Bastards

Développeur: Blue Manchu

Éditeur: Humble Bundle

Plateformes: Xbox One, PlayStation 4, Nintendo Switch, Windows (testé sur Windows/Steam)

Interface et sous-titres du jeu disponibles en français


Autres contenus:

Desperados III: duel au soleil

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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