Les trames multiples de Volition

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James peut voir l’avenir. Ou s’agit-il de son destin immuable? Confronté à une série d’événements en apparence inaltérables dans Volition, un thriller de science-fiction, notre personnage principal devra tenter de résoudre une énigme mêlant prescience et voyages temporels afin d’assurer sa survie. Ou, du moins, la survie de quelqu’un.

Réalisé et co-scénarisé par Tony Dean Smith, qui signe ici son premier long-métrage, après une carrière dans le montage et le tournage, Volition débute ainsi alors que James (Adian Glynn McMorran), qui a toutes les allures d’un bandit à la petite semaine, rencontre Angela (Magda Apanowicz), une jeune femme qu’il aide à se libérer des griffes d’un matador. C’est sur ces entrefaites que le personnage principal est entraîné, quasiment de force, dans une transaction douteuse impliquant une grande quantité de diamants de grande valeur.

Désireux de payer son propriétaire mal commode, à qui il doit plusieurs centaines de dollars, James voit cette vente de diamants comme une façon d’assurer qu’il n’ait plus besoin de profiter de ses « talents » pour réaliser de petites arnaques et ainsi éviter les ennuis financiers.

Celui qui lui confie la mission de faciliter la vente des diamants, Ray, sait d’ailleurs que James peut « voir le futur ». C’est à partir de ce moment que le film prendra une tout autre dimension. Et il devient à ce moment difficile de continuer à discuter de la structure scénaristique du long-métrage sans en dévoiler certaines facettes qui pourraient gâcher le plaisir d’éventuels cinéphiles.

Il faut toutefois mentionner que le film – et plus précisément son réalisateur – tente véritablement de provoquer une réflexion sur le côté immuable du destin. Est-il vraiment possible de changer son avenir? A-t-on un réel impact sur le déroulement des événements qui constellent notre existence? Et qu’en est-il des contraintes liées aux voyages temporels? Tout cela est bien exécuté, certainement dans la mesure des moyens auxquels avait accès l’équipe de production. Point d’effets spéciaux qui coûtent les yeux de la tête, ici: les concepts tirés de la science-fiction sont présentés simplement, directement, sans chichi.

Ceci étant dit, les films portant sur la prescience ou sur le voyage temporel sont déjà nombreux dans le répertoire du septième art, et ce que Volition tente d’accomplir a précédemment été accompli, en tout ou en partie, dans d’autres longs-métrages, qui sont même potentiellement mieux accomplis, ou encore mieux présentés.

En risquant, peut-être, de tomber légèrement dans les divulgâcheurs, Timecrimes, véritable bijou de la science-fiction délirante et déjantée, probablement réalisé avec quelques dollars, tient toujours le haut du pavé en matière de film indépendant qui s’octroie aisément le droit de changer les conceptions cinématographiques en jouant avec les codes.

Volition demeure un film sympathique, un film indépendant bien réalisé, bien tourné, mais force est d’admettre qu’il ne s’agit hélas pas d’un classique en devenir, ou encore d’un titre qui laissera une très grande impression.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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