L’élection à la Maison-Blanche sera affectée par la pandémie, croient 67% des Américains

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Pour la première fois de l’histoire récente des États-Unis, la date de l’élection présidentielle américaine, prévue le 3 novembre, sera-t-elle reportée? Selon une enquête du Pew Research Center, la pandémie de coronavirus pourrait avoir un impact important sur la tenue de cet important processus politique. C’est du moins l’avis de 66% des personnes sondées, et une majorité des répondants proposent d’accroître la participation en favorisant le vote par la poste.

Bien entendu, le report de la présidentielle sera un geste sans précédent de mémoire d’homme. D’autant plus que bien des politiciens et des analystes jugent qu’en agissant de la sorte, en utilisant le prétexte de la pandémie, le président sortant Donald Trump, donné à la traîne derrière son adversaire démocrate présumé, Joe Biden, dans plusieurs États essentiels pour remporter l’élection, chercherait d’une certaine façon à « voler » l’élection afin de conserver le pouvoir.

Par ailleurs, une demande de report devrait être approuvée à la fois par le Sénat, sous contrôle républicain, ainsi que par la Chambre des représentants, sous contrôle démocrate. Pire encore – du moins, selon le point de vue possible de M. Trump –, la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, une farouche adversaire du président, pourrait tout simplement refuser d’accepter la motion du Sénat portant sur un report.

Dans l’enquête, en fait, 67% des participants – dont 80% de gens se disant démocrates ou pro-démocrates, et la moitié des républicains et des pro-républicains – croient qu’à six mois de l’élection, il est fort probable que la pandémie affecte la capacité des gens à voter lors de cette présidentielle.

Les répondants souhaitent ainsi que les méthodes électorales alternatives aient droit à un coup de pouce, notamment le vote par la poste. Une partie importante, mais néanmoins moindre des participants jugent que toutes les élections devraient pouvoir se dérouler par la poste.

En tout, 70% des participants sont en faveur de permettre à tout électeur de voter par la poste, s’il le désire, y compris 44% des gens qui soutiennent fermement cette option. Et environ la moitié (52%) des gens interrogés sont en effet ouverts à l’idée que toutes les élections puissent s’effectuer par courrier. Cette option a ainsi 18 points de pourcentage depuis 2018.

Il n’est peut-être pas étonnant, dans ce contexte, de constater que le président Trump et son administration semblent particulièrement réticents à justement suffisamment financer le service postal américain, qui est chargé d’acheminer les bulletins de vote et d’en offrir le transport gratuit. Ce sont aussi des républicains qui, lors de récentes élections étatiques, ont renversé une décision du gouverneur pour justement offrir le vote par la poste, forçant des milliers de personnes à risquer de contracter une infection au coronavirus pour exercer leur droit de vote en personne. Il est possible que les républicains prévoient compter sur une prime à l’urne, et que si les citoyens sont moins nombreux à voter, notamment les gens les plus pauvres et les moins éduqués, ils conserveront le pouvoir en novembre.

Malgré tout, la plupart des répondants (59%) s’attendent à ce que les prochaines élections soient « justes et équitables », et que « tous les citoyens qui le souhaitent pourront voter » (63%).

Ces sentiments sont cependant moins partagés chez les démocrates. Si les républicains ont répondu à 75% pour affirmer que les élections seront justes et équitables, et à 87% pour affirmer que tous pourront voter, seuls 46% et 43% des démocrates, respectivement, pensent la même chose.

Pour éviter tout dérapage, 84% des démocrates souhaitent une inscription, sur les listes électorales, de tout citoyen éligible, contre seulement 53% des républicains.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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