Quand Trump est détesté… mais que les États-Unis sont appréciés

0

Quoi qu’en pense le président américain Donald Trump, qui clame avoir redonné sa « grandeur » à l’Amérique, les autres pays du monde ont une bien piètre image du chef d’État. Le pays de l’Oncle Sam, toutefois, profite d’un peu plus de clémence, selon un récent coup de sonde effectué pour le compte du Pew Research Center.

Le coup de sonde en question, réalisé auprès des habitants de 32 pays, donne un résultat clair: 64% des répondants, en moyenne, disent ne pas faire confiance à M. Trump pour agir correctement sur la scène internationale, alors que seuls 29% des participants ont dit avoir confiance envers le magnat de l’immobilier devenu président.

Le sentiment anti-Trump est particulièrement fort en Europe de l’Ouest, pourtant normalement un bastion de l’américanisme à l’étranger, dont les pays sont très majoritairement membres de l’OTAN, l’alliance militaire qui réunit les États-Unis, le Canada, ainsi que de nombreux pays d’Europe. Trois années d’insultes et de commentaires négatifs de la part du président américain ont eu leur effet: environ trois personnes sur quatre en Allemagne, en Suède, en France, en Espagne et aux Pays-Bas ne font pas confiance à l’occupant de la Maison-Blanche.

Au Mexique, pays largement au centre des attentions de l’administration américaine, principalement en raison du particulièrement épineux dossier migratoire, 89% des répondants tournent le dos au président américain.

Au Canada, moins du tiers des répondants (28%) disent avoir confiance envers le chef d’État du pays de l’Oncle Sam.

Et même au Royaume-Uni, pourtant habituellement décrit comme « le plus grand allié des États-Unis », seulement 32% des participants au sondage approuvent la direction empruntée par l’administration américaine depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.

En fait, dans la quasi-totalité des pays dont les habitants ont été sondés, M. Trump récolte des avis moins favorables que son prédécesseur, Barack Obama.

Politiques décriées

Augmentation des tarifs à l’importation sur divers produits (68%), retrait de l’accord de Paris sur le climat (66%), construction d’un mur à la frontière avec le Mexique (60%), baisse du nombre d’immigrants accueillis en provenance du Mexique (55%), retrait de l’accord sur le nucléaire iranien (52%)… autant de projets phares de l’administration Trump qui suscitent la réprobation des participants au coup de sonde.

Seules les négociations avortées avec le dictateur coréen Kim Jong-un, au point mort après un deuxième sommet entre les deux dirigeants qui a pris fin de manière abrupte, recueille plus d’opinions positives (41%) que négatives (36%), selon une liste fournie par le Pew Research Center.

Pourtant, les gens se trouvant plus à droite sur le spectre politique sont particulièrement favorable au chef d’État américain, que ce soit en Europe, en Amérique du Nord, ou encore en Amérique du Sud. C’est là que la notion « d’Amérique d’abord », avec ses politiques anti-mondialisation et son nationalisme, fait des heureux, et probablement des émules.

En Israël, le portrait est frappant: plus de 80% des électeurs se disant de droite appuient Donald Trump, contrairement à seulement 37% des électeurs de gauche.

Sur le Vieux Continent, cette poussée de popularité au sein de la droite est aussi à prendre avec un grain de sel: même chez les partisans de cette avenue politique, l’indice de confiance n’atteint ou ne dépasse 50% que dans six nations, sur un total de 14 pays sélectionnés pour le coup de sonde.

Et si l’on compare les avis sur M. Trump à la vision qu’on les citoyens d’autres dirigeants importants sur la scène internationale, là encore, le chef d’État américain traîne de la patte: Angela Merkel obtient ainsi la confiance de 46% des répondants, comparativement à 41% pour Emmanuel Macron, et même 33% pour Vladimir Poutine, le dirigeant autoritaire de la Russie. Seul Xi Jinping, président à vie de la Chine, obtient moins d’appuis que Donald Trump, avec un indice de confiance de 28%, contre 29% pour son homologue américain.

Un pays bien vu

Si le président est conspué, les États-Unis, eux, sont encore bien vus un peu partout dans le monde; les Mexicains n’ont que 36% d’opinions favorables envers le pays de l’Oncle Sam, certes, mais la moitié des Canadiens (51%) apprécient le voisin du sud.

En Europe, environ la moitié des Français et des Britanniques ont un avis positif de l’Amérique (57% au Royaume-Uni, contre 48% en France). C’est plutôt du côté de l’Italie (62%), de la Hongrie (66%), de la Pologne (79%) et de l’Ukraine (73%) que l’on trouve le taux d’appréciation le plus élevé.

Sans surprise, Israël se range à 83% derrière les États-Unis, contre seulement 39% au Liban voisin. Et dans la région du Pacifique, face à l’ambition territoriale, économique, politique et militaire de la Chine, les Philippines (80%), la Corée du Sud (77%) et le Japon (68%) font bloc derrière l’allié américain.


Autres contenus:

Destitution: « Il y aura une guerre civile », met en garde Trump

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

Répondre