Shaft, ou l’héritage d’une légende

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Disponible cette semaine en 4K, Blu-ray et DVD, Shaft, le plus récent chapitre de la franchise de « blacksploitation », réunit pas moins de trois générations du célèbre héros afro-américain dans une même intrigue policière.

Refusant d’exposer leur enfant, John Junior, à la vie dangereuse que mène son détective de mari, Maya, l’épouse de Shaft, a demandé le divorce en 1989. N’ayant jamais connu son père, JJ travaille aujourd’hui comme expert en cybercriminalité pour le FBI. Lorsque son meilleur ami meurt dans des circonstances mystérieuses, il décide de mener sa propre enquête sur ce que la police considère comme une mort accidentelle, mais davantage habitué aux ordinateurs qu’au terrain, le jeune homme frappe rapidement un mur. Bien qu’il ne l’a pas vu depuis 25 ans, John Junior prend alors la décision de faire appel à son père, le légendaire Shaft, qui a quitté le NYPD pour fonder sa propre agence privée. Forcés de faire équipe afin d’élucider l’affaire, le père et le fils aux caractères bien différents apprendront à se connaître, et peut-être même à s’apprécier un peu.

La pochette du boîtier

Pur produit de la vague de « blacksploitation » des années 1970, la série Shaft a toujours reflété la réalité de la communauté afro-américaine, mais étonnamment, c’est un peu moins le cas du plus récent volet qui, comme l’opus précédent paru en l’an 2000, s’appelle lui aussi Shaft. Même si le sujet est brûlant d’actualité chez nos voisins du Sud, le scénario délaisse les tensions raciales pour aborder plutôt le thème de la virilité, et la façon dont elle s’incarne différemment chez les hommes des années 1970 et 1980 que ceux d’aujourd’hui. Le long-métrage continue de proposer du policier, avec une enquête impliquant un groupe de vétérans et de dangereux trafiquants de drogue, mais appuie beaucoup plus sur la comédie, au point de ressembler à un film de « buddy cop ».

Puisqu’il est la personnification même du cool, je vois mal qui d’autre que Samuel L. Jackson pourrait interpréter un personnage ultra-macho, qui donne congé à une prostituée avec qui il vient de coucher d’une tape sur les fesses et traite ses adversaires de « fifs », sans provoquer de tollé. L’acteur, capable de prononcer le mot « motherfucker » sur douze intonations différentes, est définitivement le choix idéal pour interpréter John Shaft, un rôle qu’il reprend d’ailleurs pour la deuxième fois. Jouant son fils, Jessie T. Usher livre une performance qui, à l’image de son personnage, prend de l’assurance à mesure que l’intrigue avance. Regina Hall incarne Maya, l’épouse du légendaire policier, et le film n’aurait pas été le même sans la participation de Richard Roundtree, le Shaft original des années 1970.

Image tirée du film

Shaft est disponible en version Combo Pack, incluant le film sur disques Blu-ray et DVD, et comprenant un code pour télécharger une copie numérique. Six scènes inédites, un montage des décrochages les plus cocasses survenus sur le plateau, un Making Of d’une dizaine de minutes où le réalisateur Tim Story explique entre autres ce qui l’a attiré dans le scénario, ainsi qu’un documentaire de 45 minutes explorant le riche héritage de la franchise depuis ses touts débuts, constituent le matériel supplémentaire qu’on retrouve sur l’édition.

Délaissant un peu ses racines de « blacksploitation » pour livrer une sorte de « buddy cop » à la sauce afro-américaine, Shaft est non seulement supérieur à l’opus des années 2000, il est sans doute le film le plus drôle de toute la franchise.

6.5/10

Shaft

Réalisation : Tim Story

Scénario : Kenya Barris et Alex Barnow (d’après le personnage créé par Ernest Tidyman)

Avec : Samuel L. Jackson, Jessie T. Usher, Richard Roundtree, Regina Hall, Alexandra Shipp, Isaac De Bankolé et Titus Welliver

Durée : 111 minutes

Format : Combo Pack (Blu-ray + DVD + copie numérique)

Langue : Anglais et espagnol (avec sous-titres français)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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