FNC 2018 – Holiday, le prix du luxe

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Film de gangsters axé sur le point de vue de la copine du chef du clan, la cinéaste suédoise Isabella Eklöf présente Holiday (2018), son premier long-métrage dans le cadre du Festival du nouveau cinéma du 3 au 14 octobre. Les adeptes du genre vont-ils apprécier cette variante féminine?

Sascha apparaît devant le miroir de la salle de bain de son hôtel, un joli visage et des mensurations de jouvencelle dans un maillot de bain blanc orné de billes dorées. À défaut d’avoir du caractère, plus ingénue que hautaine et capricieuse, sa personnalité se confond avec ce corps que l’on suit du début à la fin. Une princesse fragile n’ayant pas plus de tonus musculaire que de souplesse dont le copain, puissant dealer de drogue, couvre de vêtements à la mode, de bijoux et autres distractions.

Si cet homme plus vieux qu’elle fait affaire avec un réseau criminel peu apparent dans le film, il est chef de son clan qui semble mélanger des liens familiaux et amicaux. D’origine danoise, ce groupe ressemble à la famille de la télésérie québécoise Les Bougon, en moins comique. Ces vacances familiales dans une station balnéaire luxueuse de Turquie se font aux frais du trafic de drogue. Somptueuse villa sur le flanc de la montagne, sorties à la discothèque, bronzage sur la plage, karaoké, arcades… cette abondance finit par donner la nausée.

Cette jeune fille nous attache et on espère que ses errances vont la conduire à quitter cet homme violent. Ce dernier la considère comme sa possession, lui rappelle à plusieurs reprises qu’elle lui appartient et ce rapport de force va se dégrader par des scènes choquantes. La cinéaste extrapole la dimension de la sexualité de ce rapport de soumission, de sorte qu’ils ont rayé la romance et la sensualité réciproque de leur union. Habituellement, le pouvoir, la richesse et le luxe sont valorisés dans le cinéma américain, occultant l’intimité conjugale.

L’histoire serait bien morne si la cinéaste ne faisait qu’illustrer la vie d’un mâle alpha qui veille sur son fief, c’est pourquoi un personnage extérieur apparaît dans la vie de Sascha. Il s’agit d’un Hollandais qui a navigué jusqu’à cette région sur son voilier. Va-t-elle partir avec lui? A-t-elle la force de s’arracher à l’emprise de son copain et ce bon vivant a-t-il la force pour s’y opposer?

La scène du scooter est mémorable puisqu’elle montre l’absurdité de son existence oisive.

Triste constat.

Holiday (2018) d’Isabella Eklöf sera projeté le dimanche 14 octobre.


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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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