Thrench 11, l’horreur à l’ancienne

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Quelques jours avant la fin de la Première Guerre mondiale, un commando de troupes américaines et britanniques, avec à sa tête un tunnelier canadien, est envoyé en mission pour inspecter un étrange complexe souterrain abandonné par les Allemands. Ce qui s’y cache pourrait bien changer le cours de la guerre…

Finalement envoyé en permission après avoir vécu l’enfer pendant plus d’un an, le tunnelier Berton est arraché des bras de sa douce Véronique – Karine Vanasse dans un rôle bref et tout à fait correct – et envoyé en éclaireur dans cette base qui aurait servi de laboratoire secret au « Prophète », un scientifique fou allemand amateur de guerre bactériologique et biologique.

Bref, cela sent le piège à plein nez. D’autant plus qu’en arrivant sur place, entraîné par des agents de renseignement britanniques et escorté par des soldats américains pressés d’en découdre, Berton découvre quantité de soldats allemands abattus par leurs propres camarades. Et à l’intérieur, une porte barricadée pour empêcher les gens de sortir, et non d’entrer.

Plusieurs cinéphiles l’auront deviné: Trench 11, réalisé par Leo Scherman, qui signe aussi le scénario en compagnie de Matt Booi, est un film de zombies. Mais si le long-métrage reprend plusieurs codes du genre, dont l’incroyable phrase « ceci a été conçu pour garder des gens à l’intérieur, et non pas des gens à l’extérieur », un cliché que l’on a pu entendre à de très nombreuses reprises, la thématique particulière du film lui permet de se classer à part.

En effet, la Première Guerre mondiale a toujours eu ce petit quelque chose qui la distingue de la Seconde. Bien entendu, les crimes commis par les nazis sont impardonnables, mais les charniers du front de l’Ouest, de 1914 à 1918, ces centaines de milliers d’hommes envoyés à la mort pour gagner quelques centaines de mètres, parfois reprendre des tranchées perdues à l’ennemi à peine quelques jours auparavant… tout cela donne un aspect mélancolique à la chose. À environ une semaine de l’armistice, d’ailleurs, pourquoi s’obstine-t-on à envoyer des soldats vers ce qui ressemble à une mission suicidaire? Les Allemands, de leur côté, voudront s’assurer que leurs secrets disparaissent, histoire que les Alliés, horrifiés par l’arme mise au point dans ce laboratoire secret, ne décident de rayer l’Allemagne de la carte une bonne fois pour toutes.

À travers tout cela, des hommes aux convictions similaires se retrouvent de part et d’autre d’un conflit sans queue ni tête. Il n’y a que l’horreur. L’horreur et ces créations monstrueuses prenant possession des soldats pour en faire des bêtes sanguinaires. L’analogie avec la soif de sang et l’abrutissement des troupes est d’ailleurs difficile à manquer.

Voilà pourquoi, en fait, Trench 11 est un bon film. Autrement, on ne s’y attardera pas pour ses décors: l’avantage, quand on tourne dans un « laboratoire souterrain », c’est que l’on peut recycler sans cesse le même corridor, ou encore la même salle. On n’y verra que du feu, puisque toutes les pièces se ressemblent. La musique ne laissera pas non plus un souvenir impérissable. Ce qui restera en tête, toutefois, c’est cette impression qu’il est impossible de fuir la folie des hommes. Et en sachant ce qui se produira de nouveau en Europe, à peine 21 ans plus tard, cette fatalité est encore plus écrasante.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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