5 découvertes à propos de l’espèce humaine

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L’algorithme de Facebook nous a appris au moins une chose: une partie de l’humanité est complètement dingue pour son chat. La tendance à vouloir accorder des droits aux animaux, voire de les considérer comme des citoyens, cherche à rappeler la part d’inné chez l’humain de même que souligner la part d’acquis chez l’animal.

Les découvertes récentes sur l’espèce humaine vont peut-être faire débarquer la créature que Dieu a créée à son image de son piédestal, sans toutefois dissoudre cette cloison qui persiste au fil du temps.

Robinson Crusoé japonais

Il y a deux mois, les autorités japonaises ont expulsé un homme qui a vécu 29 ans seul et nu, en autarcie, sur l’île sauvage de Sotobanari située à 2000 km de Tokyo, rapporte El País le 4 juillet.

Âgé de 82 ans et photographe de profession, Masafumi Nagasaki a décidé en 1989 de partir vivre sur une île peu connue rarement visitée par les pêcheurs. Un jour, un typhon a balayé toutes ses affaires, incluant ses vêtements, et il s’est résolu à vivre nu. Sa routine consistait à passer la nuit dans un campement rudimentaire, pratiquer la gymnastique et maintenir la plage propre. Puis, il mesurait le temps rigoureusement à l’aide d’une montre posée sur un arbre. Au besoin, il se rendait à une île voisine pour acheter des provisions avec les 106 $ mensuels que lui envoyait sa sœur.

Se basant sur le shintoïsme, le Robinson Crusoé japonais a expliqué qu’il a arrêté de pêcher afin de respecter la nature et qu’il désire ne pas tuer les moustiques agaçants. Il a affirmé que l’île l’a transformé et qu’aujourd’hui, il considère que les pires maux de la civilisation sont la religion et l’argent.

Légende de l’humain congelé

El Destapadito est le nom donné au squelette découvert dans un refuge de pierres de la cordillère des Andes au nord de l’Argentine près de la frontière chilienne, rapporte La Nación le 25 avril.

Même si 60 ans se sont écoulé depuis la découverte, l’identité du squelette blanchi étendu face au ciel avec la tête positionnée comme s’il criait ou riait demeure anonyme et les circonstances de sa mort, une énigme. Les rumeurs soutiennent qu’El Destapadito était un Chilien sans-papiers qui fuyait la justice et qui voulait traverser les Andes à pied, mais encore aujourd’hui nous ne savons pas qui il était et dans quelle direction il allait. S’il a été trouvé mort congelé par les habitants des Andes, ce sont probablement eux qui l’ont positionné de cette façon conformément à la manière d’enterrer les morts là-haut.

Le mystère demeure entier puisque l’homme était ainsi lorsqu’il a été découvert pour la première fois en 1950, de plus, personne ne l’a réclamé. Ainsi, la légende passe en revue l’histoire du lieu qui se veut un territoire de sites rituels incas, un chemin ponctué de refuges et un passage biocéanique.

Momie transpercée d’une flèche

Les chercheurs de la Soprintendenza Archeologia, Belle Arti e Paesaggio de Florence poursuivent l’étude de la momie préhistorique de 5300 ans trouvée dans un glacier des Alpes nommée Ötzi, rapporte El País le 28 juin.

Quand il a été assassiné, l’homme transportait une dague bien aiguisée, seulement deux pointes pour 14 flèches au total qu’il n’aurait pas eu le temps d’assembler, un grattoir, trois instruments de pierre et une espèce de tournevis servant à aiguiser. De plus, il transportait une hache en cuivre et un arc. Ces artéfacts renvoient l’impression qu’il n’a pu terminer le travail entamé, ne trouvant pas le type de pierre nécessaire pour confectionner des pointes de flèche. Ainsi, il aurait descendu dans des latitudes plus basses auprès de peuplades pour s’approvisionner. La forme des deux pointes de flèche taillées démontre qu’Ötzi était habile.

L’analyse du pollen qu’il transportait dans son estomac identifiait déjà ce qu’il avait mangé pendant les 33 dernières heures de son existence, l’environnement naturel dans lequel il s’est alimenté ainsi que l’ordre de ses repas. À partir de 2500 mètres en altitude, il est descendu à 1200 mètres pour enfin remonter à 3000 mètres, dans les nuages.

Station Stonehenge d’Allemagne

Les experts considèrent que les henge des îles britanniques n’ont rien à voir avec le site Pömmelte d’Europe centrale malgré leurs similitudes, une certitude remise en question, rapporte La Vanguardia le 28 juin.

Monument construit il y a 4000 ans, pendant la transition entre le Néolithique et l’Âge de bronze de 3000 à 1000 av. J.-C., le sanctuaire de Pömmelte située en Allemagne couvre 29 trous en forme d’axe. Utilisés pour y déposer des objets soigneusement sélectionnés, les artéfacts trouvés ont permis aux archéologues de mieux interpréter la signification de l’enceinte. Circulaire vue des airs, le sanctuaire représente une unité avec le cosmos reflétant le Weltanschauung, une conception intégrale du monde. Cependant, ce complexe avait une fonction de justice, de commerce et de défense.

À partir de 2500 av. J.-C., d’autres exemples d’enceintes circulaires sont apparus en Europe centrale, sur la péninsule ibérique et en Bulgarie supposant un concept unitaire dans toute l’Europe. Un contenu intellectuel et religieux de même que les matières premières circulaient via des réseaux étendus au commencement de l’Âge de bronze.

Vestiges de la canicule

La sécheresse en Irlande a eu pour effet de jaunir les étendues vertes dévoilant un passage funéraire datant de 5 200 ans situé à un kilomètre de Newgrange, rapporte El País le 13 juillet.

Il s’agit de deux circonférences trahissant une série de trous plus profonds donc plus verts puisqu’ils conservent mieux l’humidité. Probablement que des poteaux de bois y étaient plantés. À l’intérieur se dessine une chaussée circulaire, élevée entre deux tranchées concentriques. Cette chaussée est interrompue avec des coupes à intervalles réguliers, ce qui serait nouveau pour les archéologues. Dans la zone à l’est, le monument a une protubérance ressemblant à d’autres structures de la zone dont le célèbre Stonehenge. Sans traces de grandes pierres, le remblai de la surface devait être fait de gravier ou de glaise.

Septième tracé découvert près de Newgrange, les archéologues de la University College de Dublin et Geraldine Stout se questionnent à savoir si ces cercles sont contemporains ou appartiennent à la même époque.

Pour en revenir aux droits des animaux, le philosophe canadien Will Kymlicka, important théoricien du multiculturalisme et des droits des minorités, et sa collaboratrice Sue Donaldson ont découvert que l’expression maitrisée et rationnelle des choix politiques n’est pas forcément la plus fréquente chez les humains, lit-on dans un dossier dans le Monde diplomatique de juillet.

Avec évidence, l’électeur canadien devant choisir un parti politique pour gouverner une population aussi dispersée que disparate risque de reproduire les mimiques du chimpanzé devant son bulletin de vote, reste à déterminer si cette réaction est innée ou acquise.


En complément:

https://www.pieuvre.ca/2018/07/12/au-bresil-des-milices-terrorisent-les-civils-et-sen-prennent-aux-gangs/

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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