De concert, l’aventure tripative

0

Dans une salle de concert située quelque part dans un quartier central de Montréal, les destins de quatre individus vont s’entrecroiser le temps d’un spectacle haut en couleur, dans la fort intéressante bande dessinée De concert, rédigée et illustrée à quatre mains, et éditée chez La mauvaise tête.

À la Sala Rossa, donc, on a droit à un show, mais un show vu par quatre personnages et autant d’artistes. Qu’il s’agisse du mystérieux Stan, à qui donne vie l’artiste Singeon; de Marie-Éponge, en manque d’affection et peut-être un tantinet trop maladroite dans ses démonstrations émotives, dessinée par Sophie Bédard; de Douille, créature aérienne et échevelée sortie de l’imagination de Vincent Giard; ou encore Jimmy, créé par Jimmy Beaulieu, puriste plus qu’à ses heures, la sympathique bande voit ses destins s’entrecroiser, se télescopant parfois au passage en produisant de bien belles étincelles.

La couverture de l’album.

Un peu paradoxalement, ce qui frappe d’abord, dans cet album, ce ne sont pas les personnages, ni même les dialogues, mais plutôt le magnifique emballage visuel de ce récit tout aussi pictural que musical.

Tout en teintes chaudes, en mélanges d’un bleu profondeur d’océan et d’orange rougeoiement de flammes dans l’âtre, De concert pourrait certainement envoûter même sans ses échanges, même sans ces fameux phylactères qui font pourtant de la bande dessinée ce qu’elle est.

À l’instar des personnages de l’oeuvre, le lecteur est transporté, emporté vers une destination inconnue, le tout en compagnie des accords et des notes des musiciens que l’on voit sur scène, et dont on imagine que la musique est délirante, trépidante, accrocheuse, peut-être même un peu gouailleuse. Qui sait?

Album conclu peut-être un peu trop rapidement, De concert se mérite amplement une place dans la collection de toute personne qui désire s’évader pendant quelques minutes.

Mieux encore, pendant que les grands lecteurs caresseront des yeux les scènes de concert muettes imagineront sans peine une longue et étoffée description, ces mots coulant de source pour qualifier, quantifier, décrire, expliquer, préciser. Une image vaut mille mots, dit-on, et les quatre comparses de De concert – jeu de mots qui fait sourire, d’ailleurs – s’en sont donné à coeur joie pour convaincre notre esprit de noircir page après page, dans un exercice jouissif de création littéraire.

À lire. Mais, surtout, à savourer.

De concert, de Jimmy Beaulieu, Sophie Bédard, Vincent Giard et Singeon. Publié aux éditions La mauvaise tête; 88 pages.


En complément:

Un ménage du printemps, en s’initiant au zen

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

Répondre