Fermer la boucle (temporelle), avec Doctor Who: Twice Upon A Time

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Quand, pour sa dernière aventure, le douzième Docteur tombe face à face avec sa toute première incarnation, le résultat est Twice Upon A Time, un spécial de Doctor Who comme on les aime.

Durant toutes ses années en tant qu’auteur et showrunner de Doctor Who, Steven Moffat a apporté plusieurs nouveautés qui ont marqué l’univers de l’émission (comme Les Anges Pleureurs ou Le Silence), et si, en vrai amateur de longue date, il a régulièrement rendu hommage aux origines mêmes de la série, rarement a-t-il aussi bien conjugué le présent et le passé qu’avec Twice Upon A Time.

La pochette du boîtier

Bien que la mythique (et véridique) Trêve du 24 décembre 1914 soit utilisée en filigrane de l’épisode, Twice Upon A Time n’est pas vraiment axé sur l’esprit du Temps des fêtes, comme c’est parfois le cas avec les spéciaux de Noël. En abordant plutôt la mort (et surtout la renaissance), le récit va droit au cœur de ce qui rend Doctor Who si unique, soit la capacité de son personnage principal de se régénérer.

Fatigué par une existence de plusieurs millénaires, le denier Seigneur du Temps songe à se reposer. Transporté au Pôle Sud, il tombe face à face avec sa toute première incarnation, qui refuse également de se régénérer. Malheureusement, la rencontre inopinée entre le premier et le douzième Docteur causera un paradoxe temporel, dont les répercussions se feront sentir jusque dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.

Image tirée de l’épisode

En faisant cohabiter le Docteur de 1963 et celui de 2017 dans un même épisode, Twice Upon A Time met en relief l’évolution de la série culte, et montre ce qui a changé en plus d’un demi-siècle, mais aussi ce qui est resté sensiblement pareil. Les créateurs se sont payé la traite en reproduisant l’intérieur du TARDIS original, et on aura même droit à un comparatif visuel éloquent, alors que les cabines de police des deux époques seront stationnées côte à côte.

Twice Upon A Time est capable d’émouvoir comme de faire rire, et la plupart du temps, l’humour provient du choc des personnalités entre les deux Docteurs. Après trois saisons, Peter Capaldi maîtrise le rôle à merveille, et c’était vraiment une excellente idée que d’engager David Bradley pour jouer William Hartnell, le tout premier interprète du Docteur, au lieu d’utiliser les images de synthèse.

Image tirée de l’épisode

Sans trop dévoiler de l’intrigue, Mark Gatiss (scénariste de plusieurs épisodes de Doctor Who) est de la partie pour Twice Upon A Time, où il incarne un mystérieux Capitaine anglais de la Première Guerre mondiale dont le rôle constitue un beau clin d’œil à un personnage célèbre de la série. Comme le veut la tradition, on pourra aussi voir brièvement les premiers pas de Jodie Whittaker, la toute première femme à incarner le Docteur.

En plus de l’épisode spécial d’une heure, l’édition Blu-ray de Doctor Who: Twice Upon A Time contient également une revuette de 23 minutes nous transportant dans les coulisses de ce tournage mémorable, et proposant des entrevues avec les comédiens Peter Capaldi, David Bradley, Pearl Mackie et Matt Lucas, ainsi que l’auteur et showrunner Steven Moffat et Rachel Talalay, la réalisatrice de l’épisode.

Avant de quitter la série, Peter Capaldi et Steven Moffat nous laissent avec Twice Upon A Time, un épisode qui marquera les annales de Doctor Who, et qui constitue un rendez-vous que les amateurs de l’émission ne voudront surtout pas manquer.

8.5/10

Doctor Who: Twice Upon A Time

Réalisation : Rachel Talalay

Scénario : Steven Moffat

Avec : Peter Capaldi, David Bradley, Pearl Mackie, Matt Lucas et Mark Gatiss

Durée : 60 minutes

Format : Blu-ray (1 disque)

Langue : Anglais seulement (avec sous-titres anglais)


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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