Perception, le jeu qui vous laisse (volontairement) dans le noir

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Conçu par des développeurs ayant travaillé sur Bioshock, Perception propose une expérience plutôt unique en nous faisant incarner Cassie, une jeune femme aveugle coincée dans une maison hantée.

Cassie Thornton est aveugle de naissance, et depuis quelque temps, son sommeil est troublé par des cauchemars qui la transporte nuit après nuit dans la maison de son enfance. Afin de comprendre la nature de ces visions nocturnes, et surtout de les faire cesser, la jeune femme retourne à Echo Bluff, dans le manoir où elle a grandi, pour y confronter les démons de son passé, mais une fois sur place, elle sera témoin de phénomènes surnaturels de plus en plus troublants, suggérant que les lieux sont hantés par plusieurs générations d’habitants décédés. En dépit de sa cécité, Cassie tentera de résoudre la malédiction qui pèse sur le manoir depuis des siècles, dans l’espoir de sortir vivante de cette fâcheuse situation.

Image tirée du jeu

L’obscurité est un élément essentiel de l’horreur, mais en s’inspirant de l’écholocalisation, le système qu’utilisent les chauves-souris pour s’orienter, Perception offre une expérience unique en son genre. Pour se déplacer malgré la cécité de l’héroïne, on frappe le sol avec sa canne, et l’onde sonore dissipe alors la noirceur pour esquisser brièvement les environnements qui nous entourent. En plus de créer l’ambiance parfaite pour une intrigue surnaturelle, cette mécanique est à double tranchant puisqu’en faisant trop de vacarme, on finit par attirer une entité maléfique nommée « La Présence », et sans aucun moyen de défense, Cassie doit alors se cacher dans un placard ou sous un lit pour éviter de mourir.

Il n’est pas évident de courir et de se mettre à l’abri lorsqu’on avance à tâtons à travers une obscurité quasi permanente, et encore moins d’explorer soigneusement chaque recoin de la maison, même si, pour faciliter cette tâche, Cassie dispose d’un sixième sens qui affiche en surbrillance certains objets à travers les murs, sans oublier le système Delphi, permettant de prendre une photo avec son téléphone pour obtenir une description vocale. Pire, les objectifs manquent souvent de clarté, et les objets interactifs parsemés à travers le jeu ne disparaissent pas une fois activés, ce qui n’aide vraiment pas à se retrouver, en plus de rendre l’exploration beaucoup plus ardue qu’elle ne devrait l’être.

Image tirée du jeu

Tout en comptant de larges zones de noirceur, Perception possède une très belle signature visuelle, et sa façon de brosser le contour des décors en suivant le son qui se répercute sur les objets crée des images magnifiques, surtout à l’extérieur, lorsque les bourrasques de vent esquissent les silhouettes des arbres et des bâtiments, leur donnant des allures fantasmagoriques. La palette est largement dominée par les teintes de bleu, et passe à l’ocre pour annoncer qu’une menace approche. On a également le choix en début de partie entre une Cassie « bavarde », ou une héroïne qui ne prononcera que le strict minimum de paroles requises pour la compréhension de l’histoire, une option assez peu fréquente, voire inédite, dans le monde du jeu vidéo.

Malgré une mécanique foncièrement originale, la force de Perception s’avère aussi être sa faiblesse, et tout en réussissant à nous mettre dans la peau d’une personne aveugle avec brio, le jeu nous laisse un peu trop souvent dans le noir, au propre comme au figuré, pour éviter une certaine frustration. Dommage.

6.5/10

Perception

Développé par : The Deep End Games

Disponible sur : PC, PS4 et Xbox One (testé sur Xbox One)

Langue : Anglais seulement

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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  1. Pingback: Test Perception [Xbox One] - Patrick Robert

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