Plan B, la minisérie timey wobley

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Les scénaristes de la minisérie Plan B sont probablement des amateurs de science-fiction; après tout, qui penserait à créer une oeuvre autour de la possibilité de revenir dans le temps? Voilà exactement le raccourci spatio-temporel que découvre Philippe (Louis Morissette), dans les six épisodes de cette courte histoire diffusée sur les ondes de Séries+.

Avocat dans un cabinet où l’on en arrache un peu, Philippe fréquente Évelyne (Magalie Lépine-Blondeau), la soeur de son associé. Enseveli sous le travail, il néglige sa conjointe, et passe bien près de la perdre. Il tente toutefois de sauver son couple et tombe sur l’annonce de l’agence Plan B dans l’annuaire. Plutôt que de permettre de réserver des billets pour le Sud, ladite agence donne en fait l’opportunité de remonter le cours du temps, sans doute pour corriger des erreurs et éviter des événements douloureux.

Aussitôt dit, aussitôt fait: Philippe revient en arrière une première fois, puis une deuxième, une troisième… Chaque fois dans l’espoir de sauver son couple, éviter le malheur d’un proche, ou encore améliorer ses résultats professionnels.

Bien vite, toutefois, on constate que quelque chose cloche; chaque fois que Philippe fait appel aux services de Plan B, le recul dans le temps est plus marqué, plus important. Et la facture est plus élevée. Cela n’empêche toutefois pas le personnage principal de multiplier les gaffes, d’agir trop brusquement, de passer, même, pour un fou avec son obsession pour son couple, puis son enfant.

D’ailleurs, le constat est clair: le personnage de Philippe est franchement désagréable, voire détestable. Maladivement jaloux, il est incapable de faire confiance aux autres, et plus particulièrement à celles qui partagent sa vie. En fait, bien peu de gens dans la série Plan B sont suffisamment agréables pour que l’on s’y attache. L’inverse aurait pu fonctionner: avec un personnage vraiment exécrable, un « vrai » méchant, Plan B aurait pu jouer la carte de l’antihéros et réussir à convaincre le public. Un public qui était fort nombreux pour la diffusion du premier épisode, mais qui a sans doute constaté, dans les semaines qui ont suivi, qu’il était difficile de s’intéresser à une série où personne ne suscite vraiment l’empathie des télévores.

Bien sûr, on ne s’attendait pas à ce que Plan B adopte résolument son côté science-fictionesque et tente une exploration de la notion de paradoxe temporel. Dans ce cas-ci, le voyage dans le temps est simple, généralement positif, et le fonctionnement de la mystérieuse agence n’est jamais vraiment expliqué. Y compris la dernière révélation de l’ultime épisode, qui sert de surprise de dernière seconde, et qui est davantage un moyen peu réfléchi de choquer les spectateurs que de les faire réfléchir.

L’idée de base de Plan B était pourtant bonne. Malheureusement, l’exécution n’est pas à la hauteur des attentes.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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