Les gènes des neurones: ça se complique

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Alors que des généticiens tentent de dresser la carte des gènes qui pourraient être associés à des problèmes psychiatriques, des neurologues sont en train de leur compliquer la tâche: ils émettent l’hypothèse que, même entre deux de nos neurones, il pourrait y avoir des différences génétiques.

Bien que nos gènes soient les mêmes dans nos milliards de cellules, certains ne sont « actifs » que dans l’organe où ils ont un rôle à jouer. On s’attendrait donc à ce que les gènes actifs dans les neurones soient partout les mêmes, et c’est ce que vient mettre en doute une recherche parue le 27 avril dans Science. Le groupe derrière cette recherche — le Brain Somatic Mosaicism Network, qui rassemble 15 institutions américaines — ne partait pas à l’aveuglette puisque sa création, il y a deux ans, était l’aboutissement de débats sur la possibilité de trouver effectivement une variation génétique plus grande que prévue au sein d’un même individu.

Pour l’heure, résume l’équipe, le résultat est que « chaque neurone pourrait abriter des centaines de mutations somatiques » (« somatique » désigne toutes nos cellules autres que sexuelles). Du coup, c’est une nouvelle piste qui s’ouvre pour la recherche de gènes associés à des problèmes psychiatriques: plusieurs ont été identifiés depuis 20 ans, mais ils n’expliquent qu’une petite partie des cas. En même temps, si d’autres recherches confirment cette piste, ça risque aussi d’ouvrir la porte à un problème considérablement plus complexe.

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Agence Science-Presse

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