Dawn of Andromeda, le début de quelque chose

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Il ne fait nul doute que la gamme des jeux dits 4X (expandexploreexploitexterminate), des jeux mêlant politique, diplomatie, économie et conflits guerriers, vivent un nouveau cycle d’intérêt marqué de la part des amateurs de jeux vidéo. Et voilà sans doute pourquoi Dawn of Andromeda, le plus récent porte-étendard du genre, vient d’atterrir sur les tablettes.

Développé par le studio espagnol GreyWolf Entertainement et publié par Iceberg Interactive, le jeu offre, dans la forme la plus classique du genre, la possibilité de s’installer à la tête de son empire (et de sa race) pour tenter de prendre le contrôle de la galaxie d’Andromède. Pour ce faire, il faudra non seulement veiller au bon développement de l’économie, mais aussi assurer une expansion coloniale soutenue, tout en construisant une force de guerre suffisante pour contrer les assauts des adversaires, au cas où la diplomatie ne fonctionnerait pas.

Jusque-là, rien de bien nouveau, mais un bon jeu peut tenir autant à son côté original qu’à sa capacité d’exécuter de façon efficace les mécaniques inhérentes au genre auquel il appartient. Et en ce sens, Dawn of Andromeda tente certainement de s’installer confortablement auprès des créations bien installées au panthéon depuis quelques années. Visuellement bien intéressant, le titre propose une interface léchée et une musique envoûtante. On y retrouve aussi une histoire accrocheuse, où il serait question d’une race ancestrale ayant présidé à l’apparition de la vie dans la galaxie, mais qui aurait supposément été détruite par des forces mystérieuses. Pendant ce temps, chaque race conçue par les développeurs a droit à son historique, ses motivations et même ses façons d’agir, en plus des traditionnels avantages et inconvénients.

GreyWolf va même un peu plus loin en intégrant un système de gestion de l’humeur et de l’efficacité des conseillers et ministres qui forment le gouvernement dirigé par le joueur. Il faudra donc faire coïncider les visées de l’empereur avec ceux de ses ministres pour ainsi éviter une diminution de l’efficacité de la machine gouvernementale, voire carrément une révolte du peuple en cas d’insatisfaction trop importante.

Parallèlement à cette liberté politique, Dawn of Andromeda reprend la marge de manoeuvre offerte dans d’autres titres du genre, tels Galactic Civilizations IIIStellaris, ou encore Stars in Shadow en donnant l’occasion de concevoir sa propre race, ses vaisseaux, etc.

Malgré tous ces points positifs jouant en sa faveur, Dawn of Andromeda est grevé par plusieurs problèmes importants. Tout d’abord, la lenteur. Fonctionnant autour de la semaine comme unité de temps, le jeu donne l’impression d’avancer à pas de tortue, et ce même en passant à la vitesse supérieure. Idem pour les vaisseaux, qui se meuvent à pas de tortue. Traverser un seul système solaire peut ainsi prendre plusieurs semaines, voire plus d’un mois pour les engins les plus lents.

Ce problème de lenteur se pose également lorsque vient le temps d’effectuer de la recherche scientifique ou de développer ses planètes. Plutôt que de permettre la construction de divers bâtiments à la surface de ses colonies, le joueur est plutôt contraint d’investir temps et argent pour améliorer les capacités intrinsèques desdites planètes. Idem pour la recherche scientifique, dont les diverses étapes signifient souvent qu’il sera possible… de pousser plus loin les améliorations sur les planètes. Le joueur aura donc amplement le temps d’aller se chercher un café.

Pourtant, Dawn of Andromeda n’est certainement pas le seul jeu à tabler sur des parties s’écoulant pendant plusieurs « années » ou même « siècles ». Après tout, les événements de fin de partie de Stellaris surviennent habituellement 200, voire 250 ans après le début du jeu! Peut-être le problème réside-t-il dans le fait qu’il n’y a pas de représentation visuelle du temps qui s’écoule? GalCiv III a son nombre de tours écoulés et sa date, Stellaris a son calendrier avec les jours qui changent… Dawn of Andromeda a une indication du nombre de mois et de semaines écoulés depuis le début du jeu, mais rien de plus précis.

À cette étrange gestion du temps s’ajoute une impression de vacuité. Oh, il y a bien des anomalies et autres vestiges à explorer ou examiner, mais rien à la hauteur de Stellaris, par exemple, qui réussissait à créer des scénarios complets à partir d’interactions en apparence particulièrement simples. Idem pour la diplomatie de Dawn…, où les options sont franchement limitées.

Dawn of Andromeda aurait été considérée comme un jeu satisfaisant s’il existait en vase clos. S’il n’y avait pas tous ces autres titres de grands studios, eux aussi prompts à divers problèmes, mais qui offrent une qualité de loin supérieure. Même Stars in Shadow, d’ailleurs lui aussi publié par Iceberg Interactive, avait l’aspect visuel et certaines mécaniques originales en sa faveur.

Dommage pour les gens de GreyWolf, qui donnent l’impression d’avoir lancé un produit incomplet pour profiter de la vague, mais qui risquent fort de ne pas récolter les bénéfices de l’intérêt en question.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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