Non Finito, oeuvre inachevée

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Pour Claudine Robillard, 35 ans, la vie est une longue succession de rêves abandonnés, d’idées mortes-nées, de projets inachevés. Pour briser le cycle et « enfin » terminer quelque chose d’important, l’artiste porte un regard critique, mais surtout humain sur son existence, entre les quatre murs du Théâtre aux Écuries.

L’indécision, la peur… ou simplement les mauvaises circonstances ou un bête changement d’idée on habituellement raison de ces projets supposément grandioses, mais qui tendent à ne pas survivre au passage du temps. Qu’il s’agisse de devenir chanteuse pop en bas âge, ou de monter des oeuvres théâtrales impressionnantes plusieurs années plus tard, Mme Robillard n’est est pas à une déception personnelle près.

Mais s’agit-il vraiment d’une déception? N’y a-t-il pas un enseignement, une volonté nouvelle à tirer de ces culs-de-sac? Voilà ce que tente de découvrir l’artiste dans cette pièce à la structure irrégulière tenant autant du cheminement personnel que de l’appel à témoignages. Sur scène, autour d’elle, quatre non-acteurs, tous chargés de leurs propres rêves inachevés, tous taraudés par cette sensation de vide, d’objectifs non atteints. Tous, aussi, sereins dans leur existence, et désireux de progresser, que ce soit en commun ou individuellement.

Ce Non Finito, c’est aussi une excellente utilisation de l’espèce scénique des Écuries. D’estrades temporaires placés directement sur scène (avec entrée des spectateurs via la section du bâtiment réservée aux artistes, s’il vous plaît), le public finira sa course dans les sièges traditionnels, tandis que l’artiste et ses compagnons s’amuseront à ouvrir à notre regard tous les coins et recoins de cette salle. S’agit-il d’une mise à nu pour se libérer du poids des échecs et revers accumulés au fil des ans? Ou simplement une façon de symboliser le fait d’offrir ainsi ses pensées et ses craintes à de purs inconnus?

Si l’on apprécie cette candeur, cette ouverture à l’autre, cette franchise, on constate néanmoins que Claudine Robillard semble encore être habitée par ce doute qui a précédemment torpillé certains de ses projets. Certains segments du spectacle, s’ils colportent un message important, sont ainsi trop longs pour leur propre bien. On en vient à décrocher, à perdre une partie de l’intérêt. Dommage, puisque cette offre théâtrale excelle dans l’art d’offrir quelque chose de neuf, de nouveau. À voir!

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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