Sept sculpteurs prennent le socle à bras-le-corps

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René-Maxime Parent

Le socle doit être à la sculpture ce que le cadre est à la peinture. L’exposition Statuer. Les figures du socle (partie II) à la Galerie B-312 à l’espace 403 au Belgo jusqu’au 8 avril présente les œuvres de sept artistes qui se sont questionnés à propos des pouvoirs du piédestal en sculpture.

Base, buste, statuaire, colonne et autres volumétries 3D: le socle est représenté par Jacinthe Loranger, Gabriel Morest, Chloé Desjardins, Mathieu Cardin, Guillaume La Brie, Adam Basanta et Valérie Blass. Ces sept artistes ont déjà exposé dans la petite galerie peinte en blanc avec vue sur les édifices du centre-ville, ce qui ajoute à la réflexion. Il s’agit d’une occasion de s’interroger sur la continuité ou discontinuité du lieu où ils ont exposé auparavant, comme une sculpture s’introduit dans un espace pour établir ce rapport plein/creux.

Ceci dit… et entendu, le visiteur prend un plaisir à observer les sculptures et à les regarder de tous les côtés, comme si on reconstruisait un tableau cubiste. Au milieu de la grande salle, l’œuvre en quatre pièces : Chimère (2013), Oublie (2012), Moellon brut (2013) et Réserve (2011) de Chloé Desjardins crée une séquence de la métamorphose d’une colonne angulaire. À scruter les irrégularités du regard, le visiteur peut s’amuser à chercher les correspondances entre les prismes rectangulaires.

Près de la fenêtre, la colonne ressemblant à une étagère de Mathieu Cardin intitulée, Il n’en est rien (chrome) (2017) ne présente moins une séquence qu’une gradation verticale par les éléments en matériaux divers sur chacun des niveaux. Collée au mur, son autre œuvre Il n’en est rien (paysage) (2017) suggère une comparaison à l’horizontale.

Lorsqu’on franchit le seuil de la petite salle, les trois enregistreuses pour cassette audio déposées sur trois socles blancs, simples et disposés en triangle s’enclenchent. Les magnétocassettes lisent deux rubans: un qui passe par les trois appareils formant un triangle et un autre qui lie deux appareils. Puis, le visiteur entend la même phrase en boucle gravée sur le ruban: « The only thing we know about the future is that it’s going to be different. » Ainsi, le son de la voix occupe l’espace.

Le rose fluorescent des sculptures John Cassavetes (2017) à l’entrée de la salle et de Socle Pizza Pizza (2017) au fond de l’artiste Jacinthe Loranger nous titillent. Allez savoir si elle arrive à matérialiser l’univers de ce paria d’Hollywood, mais ses icônes du quotidien nous rappellent les clins d’œil du fameux sculpteur Claes Oldenburg.

À l’extérieur de la galerie, dans le grand couloir central du quatrième étage, le programme de l’exposition imprimé sur une feuille de papier disponible sur un présentoir souligne le centenaire de la sculpture polémique Fontaine de Marcel Duchamp dévoilée en 1917. L’objet-urinoir signé R. Mutt présenté sur un socle referait-il surface à travers ces œuvres?

L’exposition Statuer. Les figures du socle (partie II) est présentée à la Galerie B-312 à l’espace 403 au Belgo jusqu’au 8 avril.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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