Et si l’anti-science se généralisait?

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Agence Science-Presse

Plusieurs s’inquiètent d’une attitude anti-science présente chez une portion influente du public… et des politiciens. Et si la chose empirait dans les 60 prochaines années?

«Je m’inquiète d’un virage de l’opinion publique», résume le Britannique Jack Stilgoe dans le magazine New Scientist — une édition spéciale «60e anniversaire» que le magazine consacre… aux 60 prochaines années. Si certains scénarios évoqués au fil des pages font rêver — aurons-nous découvert de la vie extraterrestre? d’autres sont là pour inquiéter les lecteurs : «si les gens, poursuit Stilgoe, professeur au Collège universitaire de Londres, perçoivent que l’innovation bénéficie aux mauvaises personnes, rendant les riches plus riches et passant à côté des besoins sociaux, alors ils peuvent devenir désenchantés».

Il n’est pas nécessaire d’attendre 60 ans : les robots qui font perdre de l’emploi sont déjà là, sans parler des Monsanto de ce monde qui sont souvent confondus avec l’ensemble de la recherche en biotechnologie, voire en agriculture.

Un changement d’humeur dans l’opinion publique qui irait jusqu’à décourager de larges pans de la recherche scientifique : est-ce plausible ? Dans l’article, l’historien des sciences Matthew Hersch, de l’Université Harvard, ne se prononce pas sur la vraisemblance, mais sur les conséquences : déclin technologique « et ruine financière ». Sans parler de la ruine intellectuelle : lorsque les collèges et les universités « cessent d’apprendre de nouvelles choses, l’éducation qui y est donnée s’atrophie et se dégrade en dogmes, demi-vérités et hypothèses non vérifiées dont on ne se souvient qu’à moitié à partir de textes remplis d’erreurs ».

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