Séance cinéma: Independence Day: Resurgence, gâchis intersidéral

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Hugo Prévost

Il y avait de l’espoir. Enfin, un peu. Mais force est d’admettre que 20 ans après l’Independance Day original, sa suite, Resurgence, est un gaspillage éhonté d’argent sans aucun intérêt cinématographique.

Il y avait de l’espoir, donc. Oh, n’allons pas croire que la filmographie de Roland Emmerich, le réalisateur des deux opus, brillait déjà par son intemporalité. Outre Independence Day, on y trouve entre autres Godzilla – la version de 1998 avec Matthew Broderick et Jean Reno -, The Patriot, ou encore The Day After Tomorrow. M. Emmerich aime les monstres, les catastrophes et les combats.

Seuls Stargate (parce qu’il a lancé les téléséries bien meilleures qui ont suivi), White House Down et Independence Day, premier du nom, pourraient trouver grâce aux yeux des cinéphiles. Et encore! Le premier ID, sorti le 1er juillet 1996, mettait en scène des personnages particulièrement excessifs, le scénario était abracadabrant et le long-métrage débordait d’effets spéciaux époustouflants. Et la formule avait bien fonctionné.

Après tout, qui ne se souvient pas du personnage de Will Smith en train d’asséner, cigare au bec, un direct du droit au visage d’un extraterrestre? Ou de Jeff Goldblum et de son père, le premier un réparateur du câble arrivant non seulement à décrypter le message extraterrestre, mais aussi à concevoir le virus informatique qui terrassera le vaisseau-mère; le deuxième un père juif donnant dans l’excès et les maniérismes stéréotypés? Ou encore de Bill Pulman en président des États-Unis prononçant un ultime discours avant la bataille finale?

Rien de tout cela dans Resurgence… ou enfin, si peu. Vingt ans après la première tentative d’invasion – ou d’extermination -, l’humanité a reconstruit ses villes et tiré profit de la technologie avancée abandonnée sur place par les extraterrestres pour développer des vaisseaux spatiaux et installer des postes avancés un peu partout dans le système solaire. Histoire, entre autres, de se défendre contre un nouvel assaut.

Will Smith n’est plus de la partie, tué entre les deux épisodes et remplacé par son fils, même si son portrait trône étrangement près du Bureau ovale, dans la Maison-Blanche. Parlons-en, d’ailleurs, de son fils, joué par Jessie Usher. M. Usher et ses collègues acteurs, tous jeunes pour attirer un nouveau public, sont aussi mauvais les uns que les autres. La faute au scénario, peut-être, mais impossible de dire que quiconque fait preuve d’une once de talent, ici. Même lorsqu’il est question de Liam Hemsworth, lui aussi de la distribution. Le développement des personnages est forcé, les anciennes vedettes, lorsqu’elles sont de retour, sont tuées de façon stupide ou n’ont que des rôles mineurs qu’elles interprètes gauchement.

Le film aurait pu réussir en se présentant comme un bon gros divertissement bien bourrin, avec une cascade d’effets spéciaux. Après tout, la bande-annonce était relativement prometteuse, et un autre film du genre, Pacific Rim, ne brillait pas non plus par la solidité de son scénario. Mais Pacific Rim avait un scénario, lui!

Bref, Resurgence n’a ni scénario, ni jeu d’acteurs qui vaille la peine, ni développement conséquent des personnages, l’action est précipitée, les dialogues tombent à plat, et les effets spéciaux – aussi ridiculement extravagants soient-ils – ne réussissent pas à cacher le vide abyssal dans lequel nous entraîne M. Emmerich.

Au lieu de chercher à faire un coup d’argent rapidement, ce dernier aurait au moins pu prendre le temps de réfléchir quelques instants à son film et opter pour une idée originale plutôt que pour une franchise qui n’avait aucunement besoin de sang neuf.

Independence Day: Resurgence est un navet dans le plus pur sens du terme. Même The Room provoque plus de réactions que Resurgence… c’est dire!

Laissez impérativement ce film de côté; même piraté, il ne vaut pas la bande passante nécessaire pour le télécharger.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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