We Are Wolves sans concessions, c’est tout sauf WRONG

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Jim Chartrand

Ils sont loups, ils sont libres et ils ne sont pas prêts d’abdiquer à aucune formule que ce soit, que le succès soit oui ou non en jeu. WRONG c’est ça et bien plus, mais c’est surtout le quatrième album du groupe montréalais We Are Wolves.

Sauvages, peut-être, mais avec classe, avec grande classe. Voilà comment on pourrait simplement résumer cette nouvelle entrée dans la discographie de l’indomptable trio. Et leur succès, disons qu’ils le partagent depuis bon nombre d’années un peu partout avec leurs chansons qui savent délirer d’un tempo à un autre, que ce soit en criant ou en se laissant aller sur leurs claviers, leurs guitares ou tout autre instrument dont ils se font maîtres.

Et c’est avec WRONG que leur style est plus que jamais difficile à décrire. Puisque s’ils ont toujours su naviguer du punk au rock en gardant en tête une affection toute personnelle à l’électronique, on n’a jamais vraiment déterminé comment définir leurs multiples pulsions qui ont par ailleurs toujours su aller, avec un instinct certain, toujours là où ce serait le plus musicalement satisfaisant.

Ainsi, si leur néo-psychédélisme est à son plus intense sur la crépitante pièce-fleuve Broken Arrow qui se languit pendant près de sept minutes ou qu’ils osent la langue de Molière pour une de ses rares fois durant l’ultra-synthétisée Au revoir les crapules, disons que le genre du groupe aura rarement été aussi compliqué à classer.

Le mieux est donc de ne pas se casser la tête avec les conventions puisque de toute façon le groupe en fait fi du plus grand revers de la main. Il ne faut donc pas trop réfléchir sur la présence de la jouissive I Don’t Mind, tout droit sorti des années 80 avec son groove rétro endiablé, ni même de la catatonique et foncièrement inquiétante Dislocation en guise de fermeture.

C’est que dans la schizophrénie propre au groupe, voilà qu’ils s’attaquent finalement à la dichotomie entre le passé et le présent en essayant de trouver le juste milieu où les faire cohabiter, ce, en se permettant bien sûr de les faire combattre ici et là pour voir qui pourrait bien avoir le dessus. C’est là qu’un savant mélange de punk-pop sautille sur Hands Around My Neck pendant que les claviers se font aller à répétition à de nombreuses reprises durant l’album, incluant l’électrisant jam sur la pièce-titre Wrong auquel aucun déhanchement n’est passible de résister.

Bien sûr, au-delà de l’auditeur qui s’amuse tout au long de l’écoute, le seul vainqueur dans tout cela demeure le groupe, plus fort, plus frais et plus en contrôle que jamais dans ce beau délire étrangement contrôlé qui sait les pousser dans des horizons toujours plus différents et discordants que les précédents.

WRONG a ainsi envie de parler de l’art du faux, mais dans toutes ses imperfections et ses Wicked Games accrocheuses, c’est dans son désir de ne jamais être vrai pour personne, ni même pour le groupe qui semble constamment dans une coquine et volontaire recherche identitaire, qu’il trouve son plus beau succès.

7/10

Le nouvel album WRONG du groupe We Are Wolves est disponible depuis le 30 septembre dernier sous l’étiquette Fantôme Records.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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