Un virus attaque les républicains

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Agence Science-Presse

Des participants à la convention républicaine de Cleveland ont vomi, et ce n’est pas pour la première raison qui viendrait à l’esprit. Un microbe, un vrai, est à l’œuvre — une de ces choses qui se propagent de façon virale lorsqu’elles disposent d’un environnement favorable.

Il s’agit d’un norovirus, un opportuniste qui provoque des réactions hostiles chez tous ceux qu’il envahit: nausées et diarrhées deviennent ses symptômes. Le virologue américain Aron Hall l’a décrit en 2012 comme ayant « tous les attributs de l’agent infectieux idéal » : non seulement il lui suffit de peu d’efforts pour se répandre d’une personne à l’autre, mais il se reproduit aussi vite qu’un slogan électoral. Il est la principale cause des cas de gastro-entérite dans les pays industrialisés, et on le qualifie d’opportuniste parce qu’il s’adapte aux circonstances. C’est pourquoi il est d’ailleurs difficile de développer un vaccin.

Le bon côté, c’est qu’un norovirus n’a aucune loyauté. Il envahit, fait des dégâts pendant quelques jours, puis est déjà rendu ailleurs. Il n’est mortel que dans moins de 1 % des cas, les plus fragiles — vieillards et jeunes enfants surtout.

Selon les nouvelles qui ont filtré mardi d’un porte-parole du ministère de la Santé de l’Ohio, onze républicains venus de Californie pour préparer le terrain à leur délégation montrent des symptômes d’infection et tous les observateurs s’entendaient mardi pour prédire d’autres cas. Ces onze cas ont été mis en quarantaine dans leur hôtel — jusqu’à ce qu’ils aient passé 24 heures sans symptômes. Au moins, l’un d’eux avait été vu par un médecin vendredi : c’est de l’analyse de ses selles qu’est venue la confirmation lundi.

Car le microbe se propage en effet par les selles : les métaphores scatologiques n’ont pas manqué sur les réseaux sociaux.

C’est parce qu’un norovirus se propage vite que l’histoire récente l’associe à des hôtels, à des bateaux de croisière… et à des garderies. Quelque 550 autres délégués auraient reçu un courriel dans la nuit de mardi les avisant d’éviter le partage de nourriture, les autobus… et les poignées de main.

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