Cirque – Peu de moyens et beaucoup de résultats

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Martin Prévost

Mercredi, 13 juillet, à l’Espace Go, les spectateurs ont encore eu droit à une belle soirée dans le cadre du festival Montréal complètement cirque. En fait, une très belle soirée. Directement d’Australie, nous arrivait la troupe Casus Circus, avec son spectacle Knee deep. Un spectacle parfaitement peaufiné, tout en nuances ou presque: il faut bien faire s’exclamer le spectateur de temps en temps.

Dans une prestation sans flafla, avec un minimum d’accessoire, tout l’accent est mis sur les artistes qui sont d’ailleurs mis en valeur par des éclairages très bien choisis. La musique aussi se colle à l’action, si on peut dire. Parce que, de l’action, on pourrait penser qu’il y en a peu, tellement tout se déroule tranquillement, sans éclat, avec précision et surtout avec un niveau d’esthétisme rarement égalé. On parle de nos jours des arts du cirque. Eh bien, ce soir-là, nous étions plutôt devant une œuvre d’art.

Malheureusement, ce qui se passait à l’avant-scène était souvent invisible pour les spectateurs qui n’étaient pas dans la première rangée. L’utilisation d’une caméra pour projeter sur grand écran ce qui était moins visible n’a pas suffi. D’ailleurs, le seul numéro dont nous aurions pu nous passer se devait d’être reproduit en plus grand pour qu’on en saisisse quelque chose: un numéro d’origami. Mais qu’est-ce que cela a à voir avec le cirque?

Mais parlons de la créativité et des prouesses de ces quatre acrobates super entraînés et parfaitement complices. Sans utiliser aucune nouveauté technologique, ou, devrait-on dire, sans s’empêtrer de gadgets, la troupe nous a présenté une démonstration de force, d’équilibre, de précision, de beauté et d’imagination.

Parmi les numéros les plus remarqués, notons celui qui commence avec une danse traditionnelle Maori à laquelle s’intègrent de joyeuses acrobaties et le tout dernier, au trapèze, qui est extrêmement exigeant et parfaitement spectaculaire.

Du pas de deux romantique et acrobatique en passant par des renversements de rôles et des mouvements improbables, ces fabuleux artistes ont démontré, sans l’ombre d’un doute, qu’un scénario de cirque minimaliste peut permettre un contact intime et intense avec le public. Est-il nécessaire de préciser que le tout s’est terminé avec une ovation très bien sentie?

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À propos du journaliste

Martin Prévost

Martin Prévost fréquente la scène culturelle montréalaise depuis plus de trente ans. À titre de chroniqueur culturel, il a collaboré au magazine Paraquad durant deux ans et il est un fidèle de Pieuvre.ca depuis ses débuts. Ses intérêts vont du design à la danse contemporaine en passant par les arts du cirque, la musique du monde, la littérature, le théâtre, les arts visuels et le cinéma. Musicien amateur, il consacre la plupart de ses interventions pour Pieuvre.ca à la musique classique, de la musique de chambre à l’opéra.

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