L’ELN et le gouvernement colombien acceptent la diplomatie

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René-Maxime Parent

La guérilla andine dure depuis plus d’un demi-siècle. Après avoir entamé un processus de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le gouvernement colombien va commencer les négociations de paix avec l’Armée de libération nationale (ELN), ont affirmé les deux partis dans une déclaration commune ce mercredi à Caracas au Venezuela, rapporte Reuters.

La date de commencement pour les négociations de paix qui se dérouleront en Équateur n’est pas encore été déterminée, ont annoncé les représentants de la délégation pour la paix.

La Colombie et l’ELN, le deuxième groupe de guérilla du pays en importance, ont eu des discussions préliminaires pendant plus de deux ans. L’ELN a augmenté le nombre de bombardements d’oléoducs dans les derniers mois et a continué les enlèvements, des actions interprétées comme des moyens de pression sur le gouvernement. À la demande du président Juan Manuel Santos, l’ELN a récemment libéré deux otages comme condition pour le commencement des discussions officielles.

« La paix est un atout suprême pour toutes les démocraties », stipule la déclaration, ajoutant que le but des discussions est d’atteindre rapidement la « réconciliation nationale ».

Les deux partis vont travailler sur un agenda en six points incluant les droits des victimes, la justice sociale et la fin du conflit, parmi d’autres enjeux.

Cuba, la Norvège, le Venezuela, le Chili, le Brésil et l’Équateur se porteront garants du processus de paix.

« Ce sera la fin des groupes de guérilla et nous pouvons tous nous concentrer – démocratiquement – sur la transformation de notre pays pour le rendre libre, normal, moderne, juste et pour en faire un lieu inclusif comme il devrait l’être », a affirmé le président colombien Juan Manuel Santos lors d’un discours télévisé.

Les négociations avec l’ELN sont séparées des négociations déjà entamées à La Havane à Cuba avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le groupe rebelle le plus important de Colombie.

Les deux organisations sont considérées comme étant des groupes terroristes par les États-Unis et l’Union européenne.

En cours

La Colombie négocie avec le FARC depuis plus de trois ans. La semaine dernière, les deux partis ont manqué leur rendez-vous pour un accord final.

D’après le Centre national de la mémoire historique à Bogota en Colombie, la tragédie colombienne a fait 218 094 morts ( 19% de combattants ) et provoqué le déplacement forcé de 5 712 506 personnes entre 1958 et 2012. Curieux calcul qui exclut les 200 000 victimes tombées entre 1948 et 1954, lors de la guerre entre conservateurs et libéraux nommée « La Violencia », lit-on dans Le Monde diplomatique de décembre 2015.

Cette période avait amené le Parti communiste et, temporairement, les libéraux à organiser des groupes d’autodéfense dans les campagnes. La répression s’intensifiant, le FARC a surgi de ces groupes.

Inspiré de la révolution cubaine de 1959 et de la théologie de la libération dénonçant les inégalités sociales, l’ELN a été fondé par des pères catholiques dans les années 1960.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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