Cinéma – Cultiver du pot sans en fumer

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René-Maxime Parent

Trois personnages unis par le hasard. Avec Les mauvaises herbes (2016), le cinéaste Louis Bélanger nous présente moins un film sur le cannabis qu’une rencontre fortuite.

Les adeptes des films cultes Cheech and Chong’s (1980-1985), Half Baked (1998) ou Dazed and Confused (1993) sur la consommation de marijuana resteront sur leur « trip de bouffe » en visionnant ce film. Ceux qui campent le cannabis sativa sous une aura rouge, jaune, verte pour sa dimension spirituelle rasta trouveront la forêt enneigée de Val -d’Or un peu trop « chill ». Puis, ceux qui ont pris le temps de mémoriser toutes les vertus de cette plante dont la culture et la transformation pourraient régler un paquet de nos problèmes économiques demeureront cois devant le motif du cultivateur: faire une passe d’argent.

Si un personnage vêtu d’un habit de la Nouvelle-France se retrouve à marcher sur un chemin de campagne quelque part dans le Nord du Québec peut relever de l’hallucination, le film nous présente une série d’éléments « buzzants » sans toutefois les lier à l’inhalation de la fameuse plante en combustion. Ainsi, les fumeurs de pot peuvent y trouver leur compte. La culture de marijuana dans une grange n’est qu’un prétexte pour que le propriétaire laisse un héritage à son fils et pour introduire une situation illégale qui contraint trois personnages.

Tel l’effet de certaines sortes de marijuana, on pourrait dire du film « que ça prend du temps avant que ça embarque ! ». La première tranche du film se veut drôle, mais ne l’est pas vraiment. On a droit à un humour cabotin, voire clownesque. Le personnage joué par Alexis Martin joue un rôle au théâtre et dès qu’il sort de scène, il va jouer au vidéo poker. Bref, c’est un joueur compulsif qui joue entre la vie et la mort parce qu’il doit de l’argent à un shylock.

Le tourbillon autour du jeu ne s’arrête pas là. Le shylock est joué par Luc Picard qui jouait également ce rôle dans le film L’audition (2005). Dans ce film, le shylock décide d’arrêter de faire ce travail pour devenir acteur et en fin de compte, il joue son propre rôle. Alexis Martin joue un photographe qui l’accompagne à chaque fois qu’il doit récupérer de l’argent. D’ailleurs, L’audition (2005) et Les mauvaises herbes (2016) se terminent avec la même scène prenante où Alexis Martin joue un messager responsable de l’héritage.

En effet, « ça prend du temps avant que ça embarque ! ». Après cette longue introduction qui met en place le lieu, la situation et le duo de personnages, le film devient intense au moment où une jeune femme devient captive de leur entreprise. Si le début nous rappelle le décevant Route 132 (2010), à partir de l’apparition de la tierce partie on retrouve le génie de Gaz Bar Blues (2003). Trois personnages appartenant à des générations et des milieux différents ont amplement le temps de discuter de la vie en taillant les plants.

Bref, les dialogues sont simples et vont à l’essentiel. Très drôle!

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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