Existe-t-il un ghetto numérique?

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Une nouvelle étude de la School of Nursing de l’Université de Pennsylvanie révèle qu’il existe une connexion alarmante entre les interactions sociales négatives que vivent les jeunes défavorisés dans leurs quartiers et sur les médias sociaux.

L’équipe de recherche a mené des interviews semi-structurées avec 30 femmes et autant d’hommes, tous âgés de 18 à 24 ans, à propos de leur univers social et le quartier où ils résident, que ce soit en ligne ou dans la vie de tous les jours.

La recherche, qui a été menée dans des quartiers à prédominance noire et hispanique, regroupait 43 % de participants noirs, autant d’hispaniques et 13 % était d’origine métissée combinant ces deux groupes ethniques. Toutes les personnes rencontrées étudiaient soit au secondaire, ou dans un collège communautaire au moment de l’enquête.

« Il est estimé que plus de 75 % des jeunes des États-Unis sont inscrit sur les médias sociaux », affirme Robin Stevens, la personne en charge de l’étude. « Les adolescents et les jeunes adultes vivant en marge de la société pourraient vivre des expériences différentes des autres sur les médias sociaux. Malheureusement, nous avons découvert que non seulement ces gens doivent faire face à des interactions sociales à connotations négatives dans leurs quartiers, mais que ces interactions influencent également leurs vies numériques, parfois dans une proportion plus importante et problématique. »

Les conclusions de la recherche révèle une relation dynamique et quelque peu inquiétante à propos des liens entre un quartier physique et un cercle de relations en ligne, où les interactions négatives sont reproduites et amplifiées.

Les participants ont donné aux chercheurs des détails sur les drames ayant lieu sur les médias sociaux, qui sont un sous-produit du fait de vivre dans un quartier défavorisé. Les scientifiques ont non seulement découvert que la négativité physique expérimentée par ces jeunes dans leurs quartiers se répand dans leurs vies numériques, mais que l’inverse est également vrai. « Les participants nous ont parlé de drames débutant sur les médias sociaux, qui se manifestaient ensuite sous la formes de graves altercations physiques dans la rue », a ajouté Mme Stevens. « Les médias sociaux sont une reflet amplifié des quartiers physiques et numériques où ils vivent. »

L’un des avantages uniques des médias sociaux est le fait qu’ils puissent être employés pour rassembler les gens et permettre aux utilisateurs d’expérimenter des choses qui seraient habituellement inaccessibles. Hélas, l’étude a révélé que ces mêmes médias sociaux pouvaient aggraver les tensions entre individus, ou donner l’impression qu’elles s’aggravent. Pour réduire leur exposition à certaines de ces expériences négatives, quelques participants ont choisi de limiter leur présence en ligne. Mais en quittant complètement la sphère numérique, une personne fait disparaître, du même coup, toutes les opportunités positives possibles qui en découlent.

 

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