Les beaux malaises: Martin Matte et Julie Le Breton font le bilan

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Jim Chartrand

Cela fait déjà trois ans que l’humoriste Martin Matte a troqué la scène pour le petit écran dans le but de nous livrer une hilarante télésérie qui se moque habilement du quotidien. À la fois interprète principal, créateur et auteur, la personnalité fortement appréciée de la critique et du grand public parle avec conviction de son affection et sa fierté évidente envers ce projet qu’il chérit avec attention.

« C’est évidemment thérapeutique », nous raconte sans hésiter Martin Matte. S’il s’inspire constamment du quotidien, que ce soit pour ses spectacles humoristiques ou sa série, il n’hésite pas à se défouler et à puiser ici et là pour créer.« Martin est un peu comme une éponge de la vie, qui s’inspire de tout ce qu’il y a autour de lui », nous raconte Julie Le Breton.

Elle précise que le travail est collectif dans le sens même où Martin garde, reprend et amplifie ce qu’il aime pour son plus grand plaisir. « C’est sûr que mon personnage s’est construit au fil des années alors qu’on a appris à se connaître et qu’il a voulu ajouter des éléments qu’il trouvait très drôles que je faisais. Par exemple la Julie qui devient trash quand elle boit du vin, c’est parce qu’il trouve très drôle quand je joue la fille saoule. Il en est allé de même avec nos interactions et notre complicité avec les autres comédiens, qui ont su diriger la série vers ce qu’elle est présentement. Il y a une belle continuité et c’est toujours un bonheur de retourner dans cet univers singulier. »

En reprenant la formule d’un thème par épisode, si certains sont plus légers, la majorité de ce qu’a Martin Matte en tête finit par se rendre jusqu’à l’écran. Certes, il doit encore se battre pour quelques idées, comme les mises en abyme qui coloreront avec génie toute la troisième saison, mais ces exemples sont rares puisque, probablement dû au grand succès qui dépasse même son créateur de par ses propres dires, la chaîne TVA lui a accordé carte blanche à tous ses plus beaux élans de folie.

Toutefois, pas question de se relâcher pour autant puisque l’humoriste a significativement cherché à pousser sa série plus loin. « Les séries ont souvent tendance à devenir plus gentilles avec le temps ce qui n’est totalement pas le cas ici alors que tout y est plus acerbe et acide », explique Julie. Et s’ils sont tous conscients qu’il est dangereux de nager à la fois dans le drame et la comédie, ils ont grand espoir de faire exactement ce qu’il faut. Julie considère d’ailleurs que plus elle fait de la comédie, un genre beaucoup plus dur à jouer qu’il n’y paraît, plus elle se trouve meilleure dans le drame.

De son côté, Martin Matte n’a certainement pas peur de brasser un peu les maisonnées, d’ouvrir les discussions, puisqu’au fond, par son humour qui finit toujours par gagner, il a la satisfaction ultime en sachant, de par les commentaires qu’il reçoit sans cesse, qu’il fait du bien. « Ça a été long avant que je comprenne le but de mon métier. J’ai fait des shows pendant longtemps à me demander pourquoi je faisais tout ça, que c’était du vent, mais maintenant je sais que je suis là pour faire du bien. »

La troisième saison des Beaux malaises prend place sur les ondes de TVA tous les mercredis soirs, 21 h, dès le 13 janvier.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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