Spring: le printemps précoce de Susie Arioli

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Bien qu’il s’agisse de son neuvième album, Spring s’inscrit définitivement sous le signe du renouveau pour Susie Arioli, qui y révèle pour la première fois ses talents de compositrice. Pieuvre.ca a eu l’occasion de discuter de ce disque lancé la semaine dernière avec la pétillante chanteuse.

Vous chantez le jazz depuis une vingtaine d’années. Qu’est-ce qui vous attire et vous inspire dans ce style musical?

Susie Arioli : C’est plutôt les mélodies. Ça me pogne vraiment. J’adore les mélodies, et ça m’inspire beaucoup. On peut être toute seule avec une chanson dans la tête et être comblée, you know, par la mélodie… Les mélodies stimulent beaucoup mon imagination, et j’aime ça. J’aime beaucoup le don de la musique. Je ne sais pas. Quand il y a une mélodie qui nous pogne, et bien, ça nous emmène dans un autre genre de réalité…

Vous venez de lancer votre neuvième album, intitulé Spring. Le printemps est-il une saison plus jazz que les autres?

Susie Arioli : (Rires). On pourrait dire ça, puisqu’il y a du renouveau dans le jazz. On prend des libertés avec des mélodies, on invente une autre mélodie, on joue avec le rythme, donc, peut-être. J’aime beaucoup le lien que vous faites.

Pourquoi avoir décidé de dédier votre album au printemps?

Susie Arioli : Je ne sais pas. Je trouvais que cette chanson (Spring) couvrait les bases de ce qu’était l’album. Pour moi, ça enveloppait le meaning (rires). Le sens du disque. Parce que, dans ce que j’ai écrit, il y a un genre de renaissance…

C’est votre premier album sans la participation de Jordan Officer. Vous avez plutôt collaboré avec Don Thompson sur celui-ci. Est-ce que ça a changé votre approche musicale?

Susie Arioli : Beaucoup. Et c’est pour ça que j’ai été tellement allumée par le projet. J’ai beaucoup aimé tous les disques que j’ai faits avec Jordan. C’était intéressant, c’était stimulant, mais, si je peux dire un mais, c’est que je manquais de contact avec les autres musiciens. Ce disque m’a vraiment fait comprendre ce que jouer avec les autres veut dire (rires). Et j’aime ça. J’aime ça jouer avec les autres gangs dans la cour d’école. Ça m’a donné beaucoup de plaisir de jouer avec des lions, d’être la moins expérimentée parmi, quoi, cent-cinquante ans d’expérience, you know… C’était vraiment le fun.

L’album est assez varié musicalement : on retrouve des rythmes de bossa-nova, des accents de soul et de blues… Diriez-vous que c’est votre meilleur band jusqu’à maintenant?

Susie Arioli : Tu sais, après chaque disque, je dis : « Yeah man, that was the one! » (rires). Je peux dire que je suis fière de ce projet, parce que c’était quelque chose de nouveau, parce qu’il s’est passé de belles affaires, fait que… oui (rires). Comme l’amour est bizarre et possède plusieurs niveaux, je dirais que oui, à date, c’est mon band préféré (rires).

Le groupe vous a permis d’aller ailleurs avec votre voix?

Susie Arioli : Oui, vraiment. Et avec mon imagination, et ma connaissance musicale. C’était toute une affaire. J’ai grandi, tu sais…

Vous reprenez plusieurs standards de jazz sur l’album. Qu’est-ce qui vous donne envie de reprendre une chanson plutôt qu’une autre?

Susie Arioli : Ça, c’est le mystère… C’est souvent la mélodie d’abord. J’aimais beaucoup la mélodie de (I’m the) Caring Kind, le rythme, le doo-wop de ça, puis j’aimais aussi l’expression « caring kind », j’aimais le double sens (rires), mais c’est vraiment la mélodie… Pour moi, la mélodie et les paroles, c’est vraiment le corps de la chanson. Je fais peut-être beaucoup d’erreurs en ce qui concerne mes vêtements mettons, mais avec la musique, j’ai un meilleur goût de ce qui me fait bien, et ce qui ne me fait pas bien. J’essaie en tout cas…

Pour la première fois, vous signez quatre compositions sur Spring. Qu’est-ce qui vous a mis en confiance de présenter vos propres pièces cette fois-ci?

Susie Arioli : Peut-être que c’était une cumulation de toutes les fois où j’ai eu des idées de mélodies… J’ai fait l’erreur de ne jamais enregistrer mes mélodies avant. J’en faisais une, et puis là, j’essayais d’écrire les paroles pour m’en souvenir, mais il faut que tu enregistres ton affaire pour avoir la chance de revisiter tout ça objectivement (rires). Ce n’est pas compliqué sur le téléphone, bing, bam boum, puis tu l’as. Je dois dire que je suis vraiment reconnaissante à mon téléphone intelligent. En plus de toutes les applications fantastiques, l’enregistrement est super. On dit qu’on est le médium pour une idée qui est dans l’univers, et c’est vrai. J’étais là, et la mélodie m’est venue. J’ai travaillé là-dessus, mais peut-être qu’il faut avoir le temps de recevoir une idée et de la garder, de la re-regarder plusieurs fois, avant de pouvoir bouger là-dessus. C’est ce que j’ai fait.

Êtes-vous satisfaite de l’expérience? Pensez-vous éventuellement lancer un album complet de compositions?

Susie Arioli : Ça serait super chouette. Si j’ai l’opportunité, j’aimerais beaucoup ça. J’ai écrit une autre chanson qui était vraiment ma préférée, mais elle n’a pas pu être sur le disque, parce qu’elle ne fittait pas pantoute. Elle n’était pas dans la vibe du disque. Mais j’aime cette chanson (rires)! J’aime beaucoup mes chansons, et je ne vois pas pourquoi j’arrêterais là. Si je peux en faire qui sont bonnes. Mais si elles sont poches, non (rires). Je vais seulement faire des chansons que j’aime beaucoup.

Vous apporterez le printemps de façon précoce, puisque vous débutez la tournée de promotion de l’album en février. Serez-vous accompagnée des neuf musiciens qu’on retrouve sur le disque pour les spectacles?

Susie Arioli : Probablement pas, puisqu’ils habitent tous à Toronto, ou à d’autres places… Je pense que Phil Dwyer est dans l’Ouest du pays… Mais c’est normal. On fait un disque avec un certain band, puis on tourne avec un autre. C’est souvent le cas… Peut-être pas avec les Rolling Stones là (rires), mais j’ai beaucoup de confiance dans mon band, avec qui j’ai tourné dans les deux dernières années. Les horns, les brass, ils sont formidables, ils ont de très bons instincts, et je me suis entourée de très bon gars. Je pense que le projet les a inspirés, fait que, je n’ai aucun doute qu’on va swinger au boutte.

Spring de Susie Arioli
Album disponible maintenant
Pour plus d’informations :
http://susiearioli.com/fr/

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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