Séance cinéma – Six films sur l’intégration des migrants

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À l’intérieur d’une Europe considérée comme un refuge, le flux migratoire des réfugiés syriens a surmonté une multitude d’obstacles territoriaux pour arriver à la destination souhaitée. Loin de la zone de conflit, l’intégration des migrants implique un échange culturel qui remet en question l’état de notre société. Voici six films qui traitent de cet enjeu.

The Overnighters (2014)

Le documentaire de Jesse Moss ne porte pas sur la situation des réfugiés syriens en Europe, il porte sur la situation de travailleurs migrants américains aux États-Unis. Il ne s’agit pas d’une rencontre entre deux cultures, mais de l’intégration d’individus rejetés par leur propre système socio-économique. Par contre, ce traitement de l’enjeu de l’intégration des migrants aux États-Unis permet de mettre en perspective celui des migrants en Europe.

Tourné dans la petite ville de Williston dans le Dakota du Nord, le film présente un pasteur luthérien qui accueille la vague de travailleurs migrants attirés par l’exploitation pétrolière des environs. Ces hommes ne sont pas des chercheurs d’or contemporains, ce sont plutôt des chômeurs désespérés qui doivent quitter leur région et leur famille parce qu’ils n’y trouvent pas de travail. Alors, ils partent avec leur campeur ou leur voiture remplie de leurs effets personnels pour se rendre au Concordia Lutheran Church. Plus de mille personnes ont été hébergées à cette église pendant deux ans et plusieurs centaines ont dormi dans le stationnement.

En tant qu’ultime recours, le pasteur se donne pour mission de former une communauté avec ces individus et de les intégrer à la communauté de Williston. Même si les habitants de la petite ville pourraient perdre leur emploi et se retrouver dans la même situation que ces chômeurs, plusieurs sont réfractaires à les accueillir.

Le destin de cette « communauté » se joue entre l’Hôtel de Ville, la presse locale et l’église. Le passé criminel de quelques chômeurs et la peur des habitants va finir par miner cette ultime ressource à un problème national, voire global.

It’s a Free World (2007)

Le cinéaste britannique Ken Loach raconte l’histoire d’une jeune femme trentenaire qui n’a pas réussi à se faire une place dans le monde du travail. Après un licenciement injuste, elle décide de fonder sa propre agence de placement pour travailleurs migrants avec sa colocataire. En faisant le pont entre les migrants et les employeurs, son entreprise l’amène à gérer la légalité du statut des uns et l’exploitation des autres.

En parallèle, elle doit s’occuper de son fils qu’elle néglige à cause de sa situation précaire au niveau de l’emploi. Le cinéaste aborde la dimension intergénérationnelle du problème en mettant en relation le fils et la mère, et la mère envers son père, le grand-père qui élève l’enfant et se préoccupe de sa santé. L’affirmation sociale et économique de la jeune femme devient inquiétante.

Le silence de Lorna (2008)

Les cinéastes belges Jean-Pierre et Luc Dardenne nous proposent un pacte inhumain. Lorna, Albanaise d’origine, se marie avec un Belge, Claudy, pour obtenir sa citoyenneté. Ils doivent faire semblant d’être en couple et habiter le même petit appartement pendant un certain temps. Cette durée peut sembler un moindre mal pour Lorna qui veut ouvrir un café avec son amoureux et pour Claudy, un toxicomane qui a pu se payer plusieurs doses avec l’argent qu’il a reçu, mais la dimension affective du duo ne supporte pas ces conditions de vie. Le tout est encadré par une organisation criminelle qui prévoit solder le pacte en tuant Claudy.

Trois mondes (2012)

Les personnages du film de Catherine Corsini ne concluent pas de pacte, mais sont confrontés les uns aux autres à cause d’un accident. Au point d’atteindre son idéal existentiel, un jeune Français frappe en voiture un homme clandestin d’origine moldave et se sauve au lieu de lui prêter secours. Les remords le conduisent à se déposséder peu à peu de tout son avoir au moment où l’entourage de la victime cherche à se faire justice. Témoin de la scène, une Française empathique s’improvise médiatrice.

La haine (1995)

Un policier a perdu son revolver dans la cité pendant une émeute la nuit précédente. La caméra de Mathieu Kassovitz suit trois amis d’origines différentes qui errent dans cette banlieue de Paris. Ces quartiers multiculturels contiennent une rage partagée par ses résidents. L’animosité règne à travers leur manière agressive de communiquer entre eux. Celui qui a le révolver détient le pouvoir d’accéder à un autre niveau de violence, ce qui est à craindre.

Eden à l’ouest (2009)

Le grand cinéaste Costa-Gavras a imaginé le parcours d’un migrant qui rencontre divers obstacles sur son chemin, de la traversée de la mer Méditerranée à son arrivée à la ville de Paris. Ce film permet d’appréhender la trajectoire des réfugiés syriens.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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