Face à la montée de la Chine, l’Asie-Pacifique préfère encore les États-Unis

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Si la Chine continue de prendre de l’expansion, que ce soit sur le plan économique ou militaire, les pays voisins de l’Empire du Milieu, bien qu’ils soient parfois favorables à la croissance économique de Pékin, ont toutefois davantage tendance à se rallier aux États-Unis, qui demeurent, selon eux, la première puissance mondiale.

Ces conclusions découlent d’une vaste étude effectuée par le Pew Research Center, et dont les conclusions ont été dévoilées la semaine dernière. On y constate que dans plusieurs pays du monde, et plus précisément chez les économies émergentes, l’influence économique grandissante de la Chine est perçue de façon positive, tout comme cela semble le cas pour l’impact chinois dans les économies nationales de ces différents pays.

Cependant, il existe aussi des pays où cette tendance s’inverse. Cela est particulièrement flagrant chez les pays de la région Asie-Pacifique, par exemple l’Inde, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie ou encore les Philippines, l’influence chinoise, sous la forme d’investissements, est perçue de façon particulièrement négative par une majorité des répondants, et que la croissance économique chinoise est elle aussi mal perçue, mais dans une proportion moindre.

Ainsi, c’est l’Inde, autre puissance régionale, dont les ressortissants sont les plus hostiles à la croissance économique chinoise, avec 61% d’opinions défavorables. Cependant, c’est plutôt le Japon qui rejette le plus les investissements chinois, 75% des Japonais sondés jugeant que ces offres d’aide économique étaient négatives.

Cette méfiance de ces pays s’étend sans surprise au domaine militaire, alors que la croissance de l’économie chinoise s’accompagne bien entendu d’une projection d’un pouvoir politique important, le tout accompagné par un développement sans précédent des capacités militaires chinoises.

Ces mêmes pays frileux à l’idée de la puissance chinoise sont également davantage portés à considérer l’influence économique américaine de façon positive.

Cependant, cela ne signifie pas que Washington peut faire la pluie et le beau temps: ainsi, la plupart des répondants ayant participé à l’enquête sont tout aussi remontés contre l’influence chinoise qu’américaine; Pékin dispose cependant d’un petit capital de sympathie qui fait en sorte que son influence économique est légèrement mieux perçue que celle de la capitale américaine.

Paradoxalement, ce sont entre autres les principaux alliés et partenaires commerciaux des États-Unis qui jugent que la Chine occupe maintenant la première marche du podium en matière de puissance économique. Le Canada, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Australie… tous voient leurs ressortissants estimer que Pékin est maintenant la superpuissance économique du globe. Idem pour la Russie, ou encore l’Europe de l’Est.

Les alliés des Américains, dans cette affaire, se trouvent plutôt du côté du Mexique, du Brézil, de l’Argentine, de la Turquie, de l’Inde, de l’Afrique du Sud, de la Corée du Sud et du Japon.

Il ne fait toutefois aucun doute que pour la quasi-totalité des pays sondés, les États-Unis représentent des alliés plus fiables que la Chine. C’est particulièrement vrai en Israël, où les Américains obtiennent la préférence de 82% des personnes interrogées. La Corée du Sud suit de près, avec 71% en faveur des États-Unis. Le Canada se classe en cinquième position, avec 46% d’opinions favorables envers Washington, tout juste derrière le Japon, à 63%.

Pékin et Washington sont enfin jugés comme étant tous deux des menaces à l’ordre établi et à la prospérité économique, bien que cette vision des choses varie en fonction des régions du monde où la question est posée. En Amérique Latine, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les États-Unis sont perçus comme étant les plus menaçants. La Chine joue plutôt le rôle d’épouvantail aux yeux des habitants de la région Asie-Pacifique.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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