Des enfants dans un « trou noir » de soins de santé au Québec

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Des enfants québécois passeraient entre les mailles du réseau de la santé, déplore l’Observatoire des tout-petits dans un rapport publié lundi. Les enfants d’immigrants feraient partie des plus touchés par ce phénomène, entre autres en raison d’une incompréhension, par la population, du fonctionnement du système de santé.

Au dire de l’Observatoire, on compte ainsi des enfants de parents dont la situation n’est pas encore régularisée parmi ces petits qui n’ont pas accès à la couverture universelle en matière de soins de santé dont jouissent les résidents permanents et les citoyens canadiens.

Le rapport souligne toutefois qu’il est impossible de connaître le nombre exact de familles se trouvant dans cette situation au Québec. « À titre indicatif, en 2017-2018, 56 nouveaux enfants sans carte soleil se sont présentés à la clinique destinée aux migrants à statut précaire de Médecins du Monde. Parmi eux, 25 étaient nés au Québec », indique-t-on dans une note d’information transmise en ajout au rapport.

Pourtant, 70% des Québécois croient que tous les enfants vivant ici peuvent gratuitement obtenir accès aux soins de santé, sans égard à leur statut d’immigration ou à celui de leurs parents, ce qui est pourtant faux.

Toujours selon ce même coup de sonde, 73% de la population estime que les enfants de 0 à 5 ans habitant au Québec issus de parents avec un statut d’immigration précaire ou sans statut régularisé devraient avoir accès à des soins de santé couverts par la RAMQ. Cette proportion monte à 82% lorsqu’on parle d’enfants nés au Québec, et donc citoyens canadiens.

« Un enfant qui n’a pas accès à des soins au moment opportun pourrait donc vivre avec des handicaps, des troubles du développement ou des maladies chroniques non dépistées, ce qui pourrait avoir des répercussions sur sa vie future, explique Fannie Dagenais. En cas de blessure ou de maladie, il pourrait voir son état s’aggraver, s’il ne reçoit pas les soins nécessaires. »

« Faciliter l’accès aux soins de santé pour ces enfants représente aussi un investissement pour toute notre société, puisque cela permet d’éviter de nombreuses complications qui peuvent être complexes à traiter, et donc coûteuses pour le système de santé », poursuit l’Observatoire dans son communiqué.

L’organisme demande au gouvernement d’aider les familles immigrantes et nouvellement arrivées à accéder plus facilement aux soins de santé; chez celles-ci, 66% des familles interrogées dans le cadre d’un sondage portant sur les immigrants dans la région de Montréal ont indiqué s’être privées de soins de santé, faute de pouvoir se les payer.

Pour améliorer la situation, l’Observatoire propose de s’appuyer sur la Loi sur l’instruction publique, qui donne droit à la gratuité scolaire à toute personne qui n’est pas résidente du Québec au sens de cette Loi, mais dont le titulaire de l’autorité parentale y demeure de façon habituelle.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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