Wonder Woman Intégrale Tome 1 : la divine zizanie

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En plongeant au cœur même des origines du personnage, Wonder Woman Intégrale Tome 1 constitue une porte d’entrée parfaite pour découvrir l’univers de l’un des premiers, et des plus célèbres, superhéros féminin.

Comme le prouve le succès remporté par l’adaptation de ses aventures au grand écran l’an dernier, l’engouement pour Wonder Woman ne semble pas prêt de s’essouffler, et si les auteurs successifs ont amplement eu le temps d’étoffer la mythologie du personnage depuis sa création en 1941, il n’est pas toujours évident pour les nouveaux lecteurs de plonger dans une série inaugurée il y a plus de trois quarts de siècle sans être perdu par les nombreuses références. Heureusement, l’album Wonder Woman Intégrale Tome 1 de la collection Renaissance de DC (The New 52 en anglais) permet à ceux et celles qui le souhaitent de s’initier, sans douleur, à l’icône féministe qu’est Diana de Themyscira.

La couverture de l’album

Wonder Woman Intégrale Tome 1 regroupe trois arcs narratifs complets, soit Liens de sang, Le fruit de mes entrailles et De sang et de fer. Délicieusement sombre et mature avec ses infidélités divines et ses infanticides, l’intrigue écrite par Brian Azzarello (le créateur de la série culte 100 Bullets) allie superhéros et mythologie grecque, pour produire une histoire beaucoup plus nuancée et intéressante qu’une simple lutte manichéenne entre bons et méchants. En voulant protéger une jeune femme enceinte de Zeus du courroux d’Héra, son épouse jalouse, Wonder Woman se retrouvera bien malgré elle au milieu d’une guerre ouverte entre les Dieux de l’Olympe, et son épopée, qui la mènera de l’île du Paradis à Londres, en passant par l’enfer, lui permettra d’en apprendre davantage sur ses propres origines.

Bien que les contours et l’encrage des dessins de Tony Atkins soient plus fins que ceux de Cliff Chiang, les deux artistes principaux de l’album livrent des illustrations très léchées, puisant à la fois dans le moderne et l’antique, et unies par l’esthétique typique des comics américains. Sans jamais tomber dans l’exploitation malgré sa tenue de vamp, Wonder Woman est athlétique, gracieuse, et aussi forte que n’importe quel personnage masculin. Au lieu de se limiter aux représentations traditionnelles des Dieux, Chiang et Atkins réinventent le panthéon de l’Olympe au passage, avec une Artémis à moto, un Arès en seigneur de guerre aux pieds ensanglantés, ou un Hadès aveuglé par la cire coulant des six chandelles sur sa tête.

Une page de l’album

Avec sa couverture noire cartonnée et ses cinq cent pages couleur imprimées sur papier glacé, cette Intégrale Tome 1 est un luxueux (et volumineux) objet, que les bédéphiles ajouteront avec plaisir à leur collection. En plus de réunir les numéros #0 à #18 de Wonder Woman dans la collection New 52, l’album se termine sur une galerie de couvertures et de croquis d’artistes d’une soixantaine de pages.

En puisant dans la mythologie grecque pour expliquer les origines de la superhéroïne et tisser un conflit aux dimensions épiques, Wonder Woman Intégrale Tome 1 ne propose rien de moins que cinq cent pages de pur plaisir, et ce, peu importe votre connaissance du personnage de Diana, princesse des Amazones.

Wonder Woman Intégrale Tome 1 de Brian Azzarello, Cliff Chiang et Tony Atkins. Publié aux éditions Urban Comics, 512 pages.


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.