Au royaume de la fantasy adulte, avec Gagner la guerre

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Paru en 2009, le roman Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski est considéré comme l’une des meilleures œuvres de fantasy française, et cette épopée prend vie sous nos yeux comme jamais auparavant, avec la sortie d’une adaptation en bande dessinée signée Frédéric Genêt.

L’arrivée de Game of Thrones a profondément chamboulé le monde de la fantasy, et de nos jours, ce style littéraire se fait de plus en plus adulte, proposant des histoires teintées de réalisme où la magie et les créatures surnaturelles se voient reléguées au second plan pour mieux céder la place aux intrigues politiques et autres jeux de pouvoir. Empruntant autant aux récits historiques qu’aux romans de cape et d’épée, Gagner la guerre s’inscrit dans cette nouvelle tendance, et l’adaptation du livre culte en bande dessinée permettra à plusieurs de s’initier au riche univers et aux complots machiavéliques imaginés par l’auteur Jean-Philippe Jaworski.

La couverture de l’album

Premier tome d’une saga qui devrait en compter cinq ou six, Ciudalia s’inspire de la nouvelle Mauvais Donne, sorte d’antépisode à Gagner la guerre. S’il introduit brièvement le Vieux Royaume et les forces en présence, l’album présente surtout l’iconique personnage de Benvenuto Gesufal, un gredin qui, tout en exerçant le métier peu enviable de tueur à gages au sein du Conseil Muet, parvient quand même à attirer la sympathie du lecteur par sa fougue et sa verve. Ayant reçu le contrat d’éliminer un mystérieux homme masqué, l’antihéros se retrouvera au beau milieu d’une vaste machination, dont les conséquences pourraient bien entraîner une guerre entre la République maritime de Ciudalia et le royaume d’Essine.

Une page de l’album

Frédéric Genêt se charge à la fois de l’adaptation du texte, des dessins, et de la coloration dans Gagner la guerre. Connu pour sa série Samurai, l’artiste puise cette fois-ci son inspiration dans l’Italie de la Renaissance pour brosser les rues antiques de la ville portuaire de Ciudalia, peuplées de marins avinés et de prostituées. Il isole souvent un regard ou un geste pour augmenter l’intensité, et ses illustrations transmettent à merveille le sens du mouvement, ce qui produit des scènes de combats très cinétiques. On apprécie également sa manière des poser ses cases sur un paysage grandiose s’étalant sur deux pages. Préfacé par Jaworski lui-même, l’album se termine sur un carnet de croquis.

Avec ce premier tome intitulé Ciudalia, le dessinateur Frédéric Genêt met la table pour une saga qui s’annonce absolument épique. Si vous appréciez la fantasy adulte, cette adaptation du roman Gagner la guerre en bande dessinée a tout pour vous satisfaire.

Gagner la guerre – Tome 1: Ciudalia, de Frédéric Genêt et Jean-Philippe Jaworski. Publié aux éditions Le Lombard, 54 pages.


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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