Albion Online: un MMO… sans histoire!

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Le mythique continent d’Albion, qui nourrit les légendes depuis des millénaires, a enfin été découvert, et c’est à vous (ainsi qu’à quelques dizaines de milliers d’autres joueurs) que revient la tâche d’explorer cette vaste terre inconnue, dans le tout nouveau MMO Albion Online.

De prime abord, Albion Online se présente comme un MMO des plus classiques, dans lequel on retrouve tout ce à quoi on s’attend dans un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur. Le titre se démarque toutefois en proposant l’ultime expérience de bac à sable, et en mettant à la disposition des aventuriers en herbe un gigantesque continent à explorer, mais cette grande liberté n’a pas que des avantages. En effet, s’il y a des donjons, que l’on peut parcourir seul ou en groupe, des tonnes de créatures hostiles peuplant les forêts et les grottes, du PVP et des affrontements épiques entre guildes, on ne compte pas de quêtes en tant que telles (à l’exception de quelques-unes au début pour nous apprendre les rudiments de base), et au final, ce manque de direction plaira davantage aux habitués de ce genre de jeu qu’aux nouveaux venus.

Image tirée du jeu

Plutôt que d’être restreint à une classe particulière, Albion Online permet de créer un héros sur mesure, en combinant pêle-mêle des habiletés traditionnellement associées aux sorciers, aux archers ou aux guerriers dans un même personnage. L’arbre des compétences, presque aussi vaste que le territoire à explorer, prend la forme d’une « carte du destin », et pour monter de niveau dans une discipline donnée, il faut rencontrer des exigences assez élevées (absorber 12 000 points de dommages avec un certain type d’armure, tuer 25 000 créatures avec un arc, etc.), une approche qui privilégie le « grinding », soit la répétition d’une même activité durant des heures et des heures afin de pouvoir progresser.

Si des titres comme Diablo ou Borderlands rendent le « grinding » supportable, c’est en l’agrémentant de récompenses constantes, que ce soit sous la forme d’évolution régulière ou de butin, ce qui n’est pas le cas ici. Les ennemis ne laissent tomber que de l’argent quand ils meurent, et on doit confectionner soi-même tous les outils, les armes ou les armures à partir des matières premières récoltées à même les arbres, les minerais, ou les peaux des animaux tués, qu’il faut ensuite raffiner. On compte bien un marché, où les joueurs peuvent vendre et acheter des ressources plutôt que de passer des heures à les amasser, mais cette mécanique favorise le « farming » en fin de compte, une pratique qui n’est certainement pas appréciée de tous.

Image tirée du jeu

Présenté dans une vue isométrique, on ne contrôle pas l’orientation de la caméra dans Albion Online, mais on dispose d’un assez bon zoom, qui permet de se rapprocher substantiellement de l’action et de son avatar. Les textures sont volontairement minimales, et si le titre ne possède pas les plus beaux graphiques, ce minimalisme crée un style agréable à l’œil, proche de la bande dessinée. On peut évidemment joindre, ou créer sa propre guilde, et l’économie d’Albion est entièrement contrôlée par les joueurs eux-mêmes. L’expérience compte assez peu de bogues. Mon avatar est devenu mystérieusement invisible lors d’une partie, et j’ai parfois été déconnecté du serveur lorsqu’un grand nombre de joueurs étaient simultanément présents, mais dans l’ensemble, le jeu tourne sans anicroche.

Si vous n’avez pas l’intention d’investir des centaines d’heures dans un MMO et que vous n’êtes pas particulièrement friand du « grinding », Albion Online ne s’adresse pas à vous, mais les habitués des jeux de rôles massivement en ligne apprécieront ce bac à sable gigantesque, qui offre le canevas parfait pour tisser soi-même sa propre aventure.

6/10

Albion Online

Développé par : Sandbox Interactive

Plateformes : Android, Linux, PC, Mac (testé sur Mac)

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.