Plaidoyer pour la préservation des highlands en Islande

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René-Maxime Parent

Les touristes ont désormais accès à la partie intérieure de l’île polaire demeurée sauvage. Le physicien et randonneur Tómas Guðbjartsson est préoccupé par le nombre grandissant de touristes qui foule le sol de l’Islande chaque année, rapporte The Reykjavik Grapevine du 21 juillet.

Tómas Guðbjartsson a toujours été en contact avec les highlands. « Enfant, j’ai eu l’opportunité de voyager avec mon père, un géologue, lorsqu’il accompagnait des gens des États-Unis et de l’Allemagne dans cette zone pour leur montrer la géologie de l’Islande », explique-t-il. Ces dernières années, le physicien a régulièrement guidé des séjours de randonnée à l’intérieur du territoire en parallèle de son travail.

Tout a commencé en 1985. Tómas Guðbjartsson est devenu guide pour les Allemands et les Autrichiens puisqu’il y avait un manque de guides sachant parler allemand. « À ce moment, faire de la randonnée était un sport en Islande, plus pratiquer par les étrangers que par les Islandais », a-t-il affirmé. « Plusieurs me trouvaient un peu étrange de m’intéresser à ça », spécifie-t-il. Le nombre de visiteurs est passé de 200 000 dans les années 1980 à 1,7 million, aujourd’hui.

Bien qu’il encourage les gens à explorer les highlands afin de les motiver à protéger cette zone naturelle, le physicien est préoccupé par l’augmentation de 30 % de touristes par année. « Peut-être que cela arrive trop vite, du moins pour les highlands, parce que nous n’avons pas encore construit l’infrastructure nécessaire », avise-t-il. Il faudrait faire l’équilibre entre le tourisme et la sensibilisation à l’environnement afin de créer un système de conservation spécifique de cette aire.

Électricité

L’humain ne laisse pas sa trace seulement par l’exploration à pied ou en véhicule 4×4 du territoire, son besoin d’énergie constitue un second problème pour la préservation des highlands. Au mois de novembre dernier, la chanteuse Björk et l’écrivain Andri Snær Magnússon ont lancé un appel pour la préservation de la nature de la zone lors d’une conférence de presse à la salle de spectacle de la capitale islandaise Gamla bíó.

Les environnementalistes se préoccupent de la construction de plus de barrages hydroélectriques et de l’installation de câbles dans cette vaste zone entre les côtes et les glaciers islandais. Le projet de la centrale électrique Kárahnjúkar demeure controversé, par exemple. « Cette énergie est verte, d’accord, mais elle laisse des marques », déplore le physicien.

À cela, s’ajoute le projet de relier l’Islande et le Royaume-Uni par des câbles en dessous du sol marin. Pour ce faire, l’Islande va devoir construire l’équivalent de deux barrages Kárahnjúkar, une centrale électrique qui va générer 1 400 mégawatts à exporter sur 1000 à 1500 km. « Nous serons dépendants de l’énergie importée et les câbles ont une importance critique pour la sécurité énergétique et pour une faible émission de carbone », a affirmé le ministre britannique de l’Énergie, Charles Hendry en 2012, d’après Reykjavik Grapevine du 13 juillet.

« Les Islandais ont un léger complexe d’infériorité à propos d’eux-mêmes et de la nature de leur pays. Ils pensent que c’est plus beau au Canada », explique Tómas Guðbjartsson. Néanmoins, quand il amène des visiteurs qui ont parcouru le monde dans ces endroits sauvages, ceux-ci s’exclament devant la beauté du paysage.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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