Quand un président signe un article scientifique

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Agence Science-Presse

Lorsqu’un auteur signe un article dans une revue scientifique, son nom est suivi de son institution — généralement une université ou un centre de recherche. Il semblerait que ce soit la première fois de l’histoire qu’une revue médicale identifie un auteur comme « président des États-Unis, Washington, DC ».

Le dénommé Barack Obama signe en effet un texte dans l’édition en ligne du 11 juillet du Journal de l’Association médicale américaine (JAMA) : un état de la situation de la réforme de l’assurance maladie américaine, sous-titré sobrement « Progrès à ce jour et prochaines étapes ». Et la prestigieuse revue médicale en profite pour publier quatre éditoriaux sur l’avenir de l’assurance maladie, sur ses coûts et sur l’avenir du système de santé américain lui-même — ce dernier signé par le rédacteur en chef du JAMA, Howard Bauchner.

Il y a entente entre le président et les auteurs des trois [autres]éditoriaux sur le fait que la réforme de l’assurance maladie a accompli un de ses premiers objectifs : environ 20 millions de personnes ont obtenu accès à l’assurance maladie. Il y a moins d’ententes sur les coûts.

Obama le signataire remercie sept membres de son équipe d’avoir « contribué à la planification, l’écriture et l’analyse des données ». L’article est, évidemment, disponible en accès libre. Les amateurs de politiques de santé publique ont du coup à leur disposition un solide texte de plus de 5300 mots pour décoder le bilan et ce que l’actuel président souhaiterait voir comme ambitions pour la suite.

Étant présenté comme une « contribution spéciale », il n’a pas fait l’objet d’une révision par les pairs — encore qu’en entrevue, le rédacteur en chef du JAMA ait assuré que le texte était passé par deux étapes de révisions et de vérifications factuelles pendant deux mois.

Le professeur de droit Adam Chilton a noté ironiquement sur Twitter que son collègue de l’Université de Chicago, Barack Obama, n’avait plus publié d’articles académiques depuis une douzaine d’années et qu’il sentait sans doute « de la pression ».

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