Nocturne 3 au MUTEK: Bounce le monde

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Les amateurs de musique du monde avaient rendez-vous hier soir au Métropolis pour la 3e partie des évènements Nocturne du festival MUTEK, Bounce le monde. Au menu: rythmes endiablés, chauds et exotiques.

Premier en lice, le groupe Pax Kingz, un duo originaire de Québec. Leur musique, un mélange d’électro expérimental, de hip-hop, mais aussi de dubstep britannique, a su réchauffer l’ambiance et satisfaire les (quelques) spectateurs présents dans la salle. Un son intéressant, sorte de musique d’ambiance groovy. L’utilisation d’extraits du film Blade Runner vers la fin de leur prestation, couplée à de la musique électro était un excellent coup. Dommage qu’ils aient été désignés pour inaugurer la soirée, les deux artistes auraient gagné à avoir un public plus important.

Original Hamster vs Nego Moçambique, quant à eux, sont entrés de plein-pied dans la musique du monde en proposant un rythme lourd, animal, sensuel. Le duo, originaire du Chili, a déversé, par les hauts-parleurs, un torrent de musique électro, hip-hop et house, mais également funk et brésilienne. Il n’en fallait pas moins pour faire danser la foule. Au fil de leur prestation, le rythme a gagné en intensité et en animalité, pour arriver à un paroxysme 45 minutes après le début de la performance. Et c’est là que tout s’est gâché. Original Hamster et Nego Moçambique devraient s’en tenir au mix, et laisser tomber le chant.

Petit saut au Savoy, ensuite, pour entendre Marc Thibideau, torontois spécialisé dans la musique électronique minimaliste. Une belle ambiance dans un décor intime. On se serait crus au Laïka, sur St-Laurent. Une musique très lounge, une belle atmosphère. La Pieuvre a aimé.

Beaucoup moins aimé, par contre, la performance de Jahcoozi, trio berlinois qui a offert une musique hip hop lourde et envahissante. Quelques inspirations du groupe Gorillaz au début, ce qui n’était pas pour déplaire, mais la prestation est rapidement devenue désagréable. Il faut croire que La Pieuvre n’est pas assez gangsta. Jahcoozi a tué toute vélléité de rester au Métropolis pour entendre Poirier, dommage.

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Pax Kingz, récent duo composé de Millimetrik et Maxime Robin, ont présenté ce vendredi une performance à la hauteur des attentes, offrant un heureux mélange des deux styles de DJ. Une grande place fût accordée aux percutions organiques rappelant du tribal; la commande était claire en cette soirée électro/musique du monde. C’est peut-être là le seul bémol, nous aurions préféré entendre le duo lors d’une autre soirée dans le cadre d’un thème moins strict surtout lorsque l’on sait que Mutek les annonçaient comme un groupe dubstep. Il n’en demeure pas moins que la majorité des pistes nous ont plu. Nous pouvons conclure que cette jeune collaboration est déjà un succès.

Exit le côté statique si omniprésent lors des soirées électroniques, Original Hamster vs Nego Moçambique ont frappé droit dans le mille de Bounce le monde en groovant littéralement la scène, donnant réellement le ton à cette soirée qui se voulait une belle occasion pour les Montréalais friands de fraîcheur musicale d’aller bouger sur la piste. Cette prestation fût une réussite tant dans son exécution musicale que dans l’utilisation des vidéos et autres effets visuels projetés sur trois écrans.

Léger saut au Savoy en mi-soirée pour se plonger dans une ambiance lounge très trendy, trop peut-être pour l’audiophile blasé par ce son qui fait maintenant trop générique dans les cafés-bars Montréalais. On apprécie tout de même. Peut-être que la salle contribuait mal à l’ambiance. Il y avait là quelque chose qui cloche, on ne saurait jamais trop quoi.

Suivront Jahcoozi et leur mélange de dubstep aux stéroïdes et de chant ragga. On apprécie moins et à en juger par la faible couverture « live » de la soirée sur les fils Twitter, on est probablement les seuls à ne pas oublier ce qui entre dans nos oreilles à la vue des longues jambes de la chanteuse du groupe, MC Sasha Perera. Sarcasme de fans d’électro puristes à part, on constate que c’est vraiment à partir de leur arrivée que la foule s’est animée. Excellent choix pour mettre la table à Ghislain Poirier, la vedette de la soirée, lui qui a possiblement offert sa dernière prestation « live » pour les années à venir si se réfère à une entrevue accordée cette semaine au journal Voir. La Pieuvre quitte suite à sa déception crée par Jahcoozi, laissant derrière elle sa chance de pouvoir entendre Poirier, le chef des fameuses soirées Bounce le gros.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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