Amateur de films musclés et de l’armée, le réalisateur David Ayer conserve ses thèmes de prédilection, en changeant presque de registre, pour nous offrir un film intimiste qui fonctionne à son plus fort lorsque Brad Pitt donne tout ce qu’il a avec comme seuls partenaires de jeu: des chiens. C’est ainsi qu’un Heart of the Beast imparfait, mais musclé, qui n’a pas peur de montrer ses émotions, peut donc s’offrir à nous.
Sur papier, la charge de travail du réalisateur, de connivence ou non avec le scénario de Cameron Alexander, semble avoir la main lourde. Amitié homme et bête, traumas de la guerre, illustration de la guerre sans prise de position, le pouvoir de la nature, la survie, hommage aux chiens militaires, premières nations et on passe.
Rien ici qui semble si surprenant pour celui qui a toujours aimé les duos dépareillés. Ni non plus de celui qui a permis à Brad Pitt d’offrir une sobre partition dans Fury, lui qui sait toujours si bien se la jouer crépusculaire.

Des retrouvailles qui font du bien, puisqu’en produisant également le projet, Pitt est devant un excellent terrain de jeu qui lui permet à la fois un travail physique, mais également un beau défi de jeu pour illustrer beaucoup avec peu et, surtout, donner la réplique à plusieurs chiens. De vrais chiens, doit-on préciser, histoire de ne pas revivre le cas Call of the Wild où un dévoué Harrison Ford donnait la réplique à du numérique.

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Cette volonté d’authenticité aide à donner l’impression que le film est à son meilleur lorsque l’on mise sur la complicité irrésistible entre ce militaire à la retraite et son compagnon poilu, plutôt que sur les obstacles que le do devra surmonter.
Ceux-ci s’avèrent régulièrement être des animaux en CGI qui font plutôt piètre allure, par comparaison. Dans la même optique, bien qu’agréable, la courte apparition de J.K. Simmons n’apporte que bien peu à l’ensemble.

C’est encore mieux, en fait, puisqu’avec à peine une centaine de minutes au compteur, le film se permet de tout raconter, mais aussi de ne pas prendre le temps de développer grand chose.
La survie à son plus simple et viscéral. Dans ce qu’elle a de plus primaire, comme Lo Impossible ou 127 Hours, par exemple.

Dans les qualités, on sait tirer avantage des paysages, des panoramas et des environnements, gracieuseté des images de Mauro Fiore qui, à son meilleur, semble faire ressurgir des paysages tout droit sortis de Skull Island.
Dommage par contre que son idée de mise en scène manque de panache et se retrouve régulièrement hachée menu par le montage de Dody Dorn qui semble vouloir épouser les autres propositions plus musclées de Ayer.
Les plans ont rarement le temps de respirer et on les multiplie, tout comme les angles, sans nécessairement de logique cinématographique.

En retournant ici et là à sa charge de travail, on incorpore une trame sonore capable du pire et du meilleur, incluant des chants aux allures aborigènes qui n’ont que peu de raison d’être alors que l’insertion d’un morceau de Ludovico Einaudi tombe à point pour nous soutirer des émotions.
Encore là, on en revient à la notion que le film ne tient que sur le mince fil de la collaboration entre notre acteur vedette et les chiens qui le soutiennent.

Certes, la survie exhibée est captivante à voir aller. Mais c’est la force de ces deux êtres et le lien qui se tisse dans les petits moments, les regards et les silences qui finissent par avoir raison de nous.
Est-ce que le film parvient réellement à donner vie à tous les messages qu’il semble vouloir porter? Probablement pas. N’empêche, Heart of the Beast demeure efficace, divertissant et un touchant moment de cinéma.
6/10

Heart of the Beast prend l’affiche en salle ce vendredi 25 septembre.





