Jusqu’à la moitié des républicains interrogés, dans le cadre d’une vaste enquête menée aux États-Unis, se disent prêts à poser des gestes violents à des fins politiques, si cela peut leur permettre d’obtenir gain de cause.
Voilà le constat troublant d’une étude récemment publiée dans PLOS par des chercheurs de l’Université de Californie à Davis.
Ces chercheurs, sous la direction de Garen Wintemute, reconnaissent qu’il existe déjà « des niveaux troublants » d’appui envers la violence à des fins politiques, chez nos voisins du Sud, mais rappellent que les connaissances actuelles ne permettent pas comment l’affiliation politique affecte cette volonté de franchir ce qui a longtemps été considéré comme une ligne rouge.
Lors d’une vaste enquête menée auprès de 8620 Américains adultes, entre le 13 mai et le 2 juin 2022, les auteurs de l’étude ont évalué l’affiliation politique des participants, de républicains convaincus à démocrates convaincus; leurs croyances générales à propos de la démocratie et la société américaine, ainsi que leur volonté à soutenir la violence politique, ou à s’y adonner.
Dans le cadre de cette enquête, la violence politique a été définie comme « une force physique suffisamment puissante qui pourrait provoquer de la douleur ou des blessures ». Les participants ont ainsi décidé si cette violence était justifiée en général, ainsi que lors de 17 situations différentes, par exemple « pour que Donald Trump revienne à la présidence, cette année » (Joe Biden était au pouvoir, en 2022, NDLR).
La violence, un choix marqué chez les républicains
Chez ceux et celles justifiant l’utilisation de la violence à des fins politiques, on a aussi cherché à connaître leur volonté de s’y adonner personnellement. Et tous les participants ont aussi évalué la probabilité qu’ils utilisent, un jour, une arme à feu en lien avec de la violence politique.
Les résultats sont clairs: les républicains étaient bien plus nombreux à soutenir l’utilisation de la violence à des fins politiques (d’environ le tiers des personnes affiliées au GOP à jusqu’à 50% des partisans) que les démocrates (environ le quart des partisans).
Et les républicains soutenaient aussi la violence politique dans davantage de situations que les démocrates, ajoute-t-on par voie de communiqué.
Par ailleurs, si les républicains étaient également plus portés à utiliser une arme à feu lors d’une future situation politiquement violente, ils ne sont pas davantage motivés que les démocrates à participer personnellement à des actes de violence à saveur politique.
En fait, mentionnent les chercheurs, bien peu de gens, soit moins de 3% des répondants, toutes affiliations confondues, étaient « très ou entièrement favorables » à l’utilisation de la violence politique envers une autre personne.
Enfin, les auteurs des travaux présentent une mise en garde: si la volonté de commettre des gestes de violence à saveur politique est largement demeurée la même, dans des versions subséquentes de l’enquête, le coup de sonde réalisé en 2022 est survenu dans le contexte de la guerre en Ukraine, ainsi que de plusieurs tueries de masse, aux États-Unis.
Selon les chercheurs, cela pourrait avoir eu un impact sur les résultats. Sans compter la tentative du coup d’État du 6 janvier 2021, encore fraîche dans les mémoires.
« À travers le spectre politique, la plupart des Américains rejettent complètement la violence », rappellent aussi les scientifiques.
« Nous pouvons travailler de concert pour créer une culture au sein de laquelle la violence politique est inacceptable. »





