Imaginez une pièce qui commence avec une thématique de science-fiction. Imaginez ensuite cette même pièce qui se transforme, qui mute, pourrait-on dire, pour autant parler d’univers parallèles que d’existentialisme. Avec un peu d’anxiété de performance saupoudrée par-dessus. Voici donc Bouée. Accrochez-vous.

L’idée est aussi drôle qu’intéressante: 50 ans après le lancement des sondes Voyager, qui emportaient avec elles des enregistrements de sons et de musiques de la Terre, voici qu’est venu le temps de transmettre une « mise à jour », avec non seulement des bruits et des chansons plus contemporaines, mais aussi une mise au point par rapport à notre situation économique, politique, environnementale et sociale. Rien de moins!
Pour cela, on mêlera humour, réflexions profondes, effets spéciaux aussi simples qu’efficaces, musique, projections, etc. Décidément, l’oeuvre de Céleste Godin, artiste non binaire, ne laisse jamais le temps de s’ennuyer, et s’inscrit tout à fait dans l’univers théâtral, pourrait-on dire, d’Espace libre, une salle habituée aux bizarreries et autres spectacles qui changent clairement de l’ordinaire.

Bien rapidement, donc Bouée mêlera humour sympathique à des réflexions plus profondes sur la condition humaine, sur les responsabilités que la société nous impose, sur notre rapport face à la mort, sur l’amour… Tout y est, avec une belle brochette de comédiens qui s’amusent clairement, en circulant notamment partout dans ce décor qui permet toutes sortes de cabrioles.
On déplorera peut-être, du bout des lèvres, le fait que le passage sur les univers parallèles dure un peu trop longtemps. Ou que les différents sons et musiques jouées durant la pièce soient identifiés avec une police de caractères beaucoup trop petite, ce qui empêche pratiquement de comprendre quoi que ce soit, si nous sommes assis vers le fond de la salle.
Mais outre ces petits accrocs, Bouée est une réflexion aussi drôle qu’importante sur ce qui constitue notre humanité. Un moment pour se rappeler qu’en tendant une main à ce qui pourrait exister, dans l’univers, nous cherchons surtout à mieux nous connaître nous-mêmes.
Bouée, texte de Céleste Godin, mise en scène de Marc-André Charron
Avec Ludger Beaulieu, Florence Brunet, Philip André Collette, Franziska Glen, Katrine Noël et Carlo Weka
À Espace libre, jusqu’au 21 février





