Et s’il y avait une 4e vague aux États-Unis?

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Si la tendance se maintient, 75% des adultes seront pleinement vaccinés en juillet dans certains des États du pays de Joe Biden. Mais seulement 40% dans certains des autres États. Et ces derniers forment une région plus grande que bien des pays européens, au point où le retour des journées froides, l’automne prochain, pourrait offrir les conditions propices à une nouvelle vague de la pandémie.

Une estimation réalisée par quatre chercheurs de la Corporation Rand publiée le 21 mai, présente différents scénarios, dont celui d’une sortie de la pandémie grâce à la vaccination, mais conclut que cela n’arrivera que « si [ces]États atteignent les cibles fixées », soit 75% de leurs populations vaccinées.

Le Washington Post s’est lui aussi livré à des calculs région par région, pour en arriver à la conclusion que les statistiques nationales risquent de devenir de plus en plus trompeuses: à l’échelle du pays, le nombre total de cas va certes continuer de diminuer dans les prochaines semaines, mais plus la vaccination progresse et plus les cas de COVID vont se concentrer dans la frange de plus en plus réduite des non-vaccinés. Le problème est que cette portion de la population pourrait même être majoritaire dans certaines régions, au point où, avec l’aide des déplacements inter-régionaux et du retour à une vie normale, le nombre de cas et d’hospitalisations, dans certains États de l’ouest ou du sud, pourrait facilement remonter à des niveaux comparables à l’hiver dernier.

Déjà, lit-on dans l’analyse du Post, si on ajuste le nombre de cas en fonction des taux de vaccination État par État, le taux de mortalité chez les non-vaccinés revient à peu près à ce qu’il était il y a deux mois et le taux d’hospitalisation, à ce qu’il était il y a trois mois dans la population générale — alors que si on se contente de regarder les statistiques nationales, on peut avoir l’illusion que ces chiffres ont diminué.

Quatre États, dont le Maine et le Michigan, ont des cas par 1000 habitants chez les non-vaccinés qui sont en ce moment aussi élevés qu’au moment de la vague de l’hiver dernier.

Le déconfinement envoie le mauvais message aux gens qui hésitent à se faire vacciner, craignent les chercheurs: « ils pensent qu’il est sécuritaire d’enlever leur masque. Ça ne l’est pas », déclare par exemple au Washington Post la doyenne de l’École de santé publique de l’Université George Washington, Lynn Goldman. Les chiffres publiés au jour le jour ont l’air encourageants, mais il faut les observer de plus près, en distinguant les populations vaccinées des non-vaccinées, pour voir que les choses ne vont pas bien pour ces dernières.

Et tout cela est sans compter le fait, rappelle l’estimation du groupe Rand, qu’on présume qu’une partie du pays restera sur sa trajectoire actuelle lui permettant d’atteindre le seuil des 75% au début de juillet — un fait qui n’est pas encore acquis.


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