Nos profs d’université ne vont peut-être « pas si mal »

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Un portrait de la santé psychologique des enseignants universitaires en temps de pandémie contient une bonne et une mauvaise nouvelle: bien que le moral ne soit pas au beau fixe, il est loin d’être au plus bas.

C’est du moins le résultat de l’étude présentée au début du mois au 88e congrès de l’Acfas par Nathalie Loye, professeure en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal. Encore non publiée, celle-ci a été menée à l’automne 2020 auprès de 141 enseignants d’université. L’étude consistait à évaluer leur bien-être et leur détresse, selon une mesure de la santé psychologique au travail développée par des chercheurs québécois en 2011. Pour mesurer le bien-être, on évalue la sérénité, l’engagement dans le travail et l’harmonie sociale. Pour la détresse, on regarde plutôt l’anxiété, le désengagement professionnel et l’irritabilité envers les collègues.

D’après les résultats de l’étude, quatre profils différents se dégagent à propos du bien-être : 26 % des enseignants universitaires ont le moral et apprécient leur travail, 44 % affichent une sérénité moyenne et un engagement au travail assez uniforme. Parmi le dernier tiers, 18 % ont des difficultés au travail, et 12 % éprouvent de rares manifestations de bien-être.

Un des aspects de l’étude révèle toutefois que « seulement » 28% des enseignants ressentent une détresse importante, voire très importante. C’est beaucoup, mais comme l’a révélé une étude menée par l’Institut national de santé publique du Québec durant la deuxième vague, c’est jusqu’à un travailleur de la santé sur deux qui rapportait alors une détresse psychologique élevée, voire très élevée.

Les chiffres sur les enseignants doivent cependant être utilisés avec prudence, dû à la faible taille de l’échantillon considéré, et ils ne doivent pas être généralisés à tous les niveaux scolaires : une autre enquête menée également à l’automne 2020 par Nathalie Loye, indique que près de la moitié des enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire, ressentent plus de la moitié du temps « de la souffrance ou un malaise dans l’exercice du travail, et des sentiments d’abandon et d’impuissance ».

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