Les bonnes et les mauvaises nouvelles du Jour de la Terre

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Sur le front des changements climatiques, le Jour de la Terre est généralement l’occasion de se rappeler que les choses ne vont pas du tout dans la bonne direction. Mais cette journée est aussi, parfois, l’occasion de se rappeler que ça pourrait être pire et que certaines actions ont eu des impacts mesurables.

Depuis 10 ans, plusieurs pays sont parvenus à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), en prenant définitivement leurs distances du charbon. D’autres ont réduit la croissance des émissions. Le scénario du pire était, il y a quelques années, une augmentation de 5 degrés Celsius d’ici 2100, par rapport aux niveaux d’avant le 19e siècle. Si le scénario rose de « seulement » un degré et demi d’augmentation semble utopique  —c’était la cible inscrite dans l’Accord de Paris en 2015— du moins se prend-on à espérer un futur qui serait plus près de 2 que de 5 degrés.

La difficulté est bien sûr que les plans de réduction des GES à l’horizon 2030 qui ont été déposés jusqu’ici par les pays riches sont insuffisants — en plus du fait que ces pays ne sont souvent pas sur la bonne trajectoire pour atteindre leurs propres cibles. Mais là-dessus aussi, ce Jour de la Terre 2021 aura peut-être été celui d’une nouvelle encourageante, avec cette annonce concertée des pays plus riches, ce 22 avril, de rehausser leurs cibles. Sous l’impulsion du nouveau président américain Joe Biden qui, tranchant radicalement avec son prédécesseur, a annoncé aujourd’hui qu’il s’engageait à une réduction des émissions de GES de son pays de 50% d’ici 2030, par rapport à leurs niveaux de 2005. C’est près de deux fois la promesse du président Obama (26 à 28%) prise à Paris en 2015.

Le Canada a annoncé pour sa part, ce 22 avril, des réductions de 40 à 45% d’ici 2030. La France avait déjà annoncé une cible de 40%.

Ceci dit, pour l’instant, les niveaux de CO2 dans l’atmosphère augmentent toujours: les dernières mesures l’évaluent à 415 parties par million (PPM), un niveau qui peut sembler minime, mais qui est 50% plus élevé que ce qu’il avait été pendant les siècles d’avant la révolution industrielle. Et ce taux a augmenté, depuis 10 ans, de plus de 1 PPM par année: une conséquence du fait que la quantité de GES que nous émettons chaque année dépasse la capacité d’absorption des plantes et des océans. C’est cette augmentation qui explique en partie que, depuis un siècle, la température moyenne de la Terre a augmenté d’un degré, et qu’elle approche rapidement du seuil utopique d’un degré et demi.

Et le « explique en partie » n’est pas innocent, parce qu’il y a encore une grosse partie de cette capacité d’absorption du CO2 que nous ignorons. Serait-il possible qu’elle approche d’un seuil de saturation? Si oui, quels seront les signaux d’alarme? Dans la même logique, y a-t-il un point de non retour au-delà duquel la fonte des calottes glaciaires devient irréversible? Et l’augmentation des événements météorologiques extrêmes?

Selon les dernières prévisions de l’organisme Climate Action Tracker, la « trajectoire » actuelle des principaux pays permettrait de viser entre 2,7 et 3,1 degrés d’augmentation en 2100. Cette prévision avait été faite avant les nouvelles cibles annoncées cette semaine. Mais cette prévision s’appuyait aussi sur le scénario voulant que les pays respectent leurs promesses d’ici 2030.

Il existe même un scénario encore plus optimiste: si, parmi les nations, toutes celles qui ont annoncé une cible de carboneutralité respectaient leur promesse d’ici 2050, le réchauffement pourrait être limité à 2,1 degrés en 2100. La pandémie a montré ce qu’il était théoriquement possible de faire mais la volonté politique, à un tel niveau, n’y est pas encore.

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À propos du journaliste

Agence Science-Presse

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