Le succès de l’Australie contre la COVID-19

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En Australie, la première ministre de l’État du Queensland a tenu jeudi une conférence de presse pour annoncer… un cas de COVID-19. Les autorités locales ont immédiatement limité les droits de visites aux hôpitaux et aux résidences de personnes âgées, et un confinement est envisagé.

Quand on parle « d’aplatir la courbe », l’Australie, ça lui connaît. Le nombre de nouveaux cas, chaque jour, est de moins de 20 (et souvent moins de 10). Et ce, depuis… octobre. Avec une « alerte » à 40 puis 30 cas pendant le temps des Fêtes.

Résultat, tout le pays est sorti du confinement depuis novembre. Les écoles et les restaurants ont réouvert. Les salles de spectacle et les stades sont remplis.

On mentionne souvent l’exemple de la Nouvelle-Zélande, qui a combattu la pandémie avec succès, mais son imposant voisin (26 millions d’habitants, 6e plus grand pays du monde) n’a pas à rougir: avec 909 morts depuis le début de la pandémie, cela place l’Australie dans le peloton de tête. Seulement 36 décès par million d’habitants, contre 606 au Canada, 1373 en France et 1659 aux États-Unis. La Suède, beaucoup plus souvent citée en modèle, oscille actuellement autour de 1300 décès par million.

Parmi les mesures implantées dès le mois de mars 2020, ou au cours de l’été, des choses familières: fermeture des frontières, distanciation sociale, quarantaines pour les voyageurs, port du masque. D’autres qui ont été moins répandues: couvre-feu, interdiction de se déplacer à plus de 5 km de son domicile. Et une mesure inédite: les États et territoires ont fermé leurs frontières intérieures, une action qui n’avait été prise que lors de la grippe espagnole, en 1919.

Mais par-dessus tout peut-être, un système de dépistage et de traçage suffisamment efficace pour permettre des alertes rapides. Par exemple, le 31 janvier, un seul cas dans la province occidentale a conduit à un confinement de cinq jours pour ses 2 millions d’habitants.

C’est en effet avec le dépistage et le traçage que beaucoup de pays ont échoué et perdu le contrôle de l’épidémie. La revue britannique Nature critiquait ainsi, en décembre, le système britannique: « les traceurs ont failli à rejoindre une personne sur huit testée positive à la COVID; 18% des personnes rejointes n’ont donné aucun détail sur leurs contacts. Dans certaines régions des États-Unis, plus de la moitié des gens testés positifs n’ont donné aucun détail. » Et il s’agissait pourtant de la deuxième vague.

En comparaison, l’Australie se compare, sur le plan de la qualité du traçage, à la Corée du Sud ou à Taïwan, encore qu’il lui ait fallu pour cela une leçon, celle de la deuxième vague, en juillet et août.

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Agence Science-Presse

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