Un coronavirus du pangolin pourrait passer chez l’humain

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Des scientifiques du Francis Crick Institute ont découvert d’importantes similarités structurelles entre le SARS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19, et un coronavirus qui infecte les pangolins, ce qui porte à croire que ledit virus pourrait infecter les humains.

Si le SARS-CoV-2 aurait évolué à partir d’un coronavirus présent chez la chauve-souris, son tracé évolutif exact demeure un mystère. Découvrir son historique est complexe, puisqu’il existe probablement de nombreux coronavirus de chauve-souris encore inconnus, et, en raison des différences entre les coronavirus chez cet animal et le SARS-CoV-2, les experts estiment que ce virus pourrait s’être retrouvé chez l’humain en passant par une autre espèce.

Dans leur étude publiée dans Nature Communications, les scientifiques ont comparé les structures des protéines de spicule (la partie de la protéine du virus qui s’attache aux cellules des organismes infectés) du SARS-CoV-2, avec celles d’un coronavirus isolé chez des pangolins de Malaisie qui ont été saisis par les autorités après avoir été passés en contrebande en Chine.

Ces scientifiques ont ainsi découvert que le virus du pangolin était en mesure de s’attacher aux récepteurs chez les pangolins, mais aussi chez les humains. Cela est différent du coronavirus de la chauve-souris utilisé comme troisième référence dans cette expérience, qui ne pouvait pas aisément s’attacher aux récepteurs humains ou ceux des pangolins.

Selon Antoni Wrobel, coauteur de l’étude, « en vérifiant si la protéine de spicule d’un virus peut s’attacher aux récepteurs des cellules de différentes espèces, nous pouvons voir si, en théorie, ce virus pourrait infecter l’espèce en question ».

« Ici, de façon notable, nous avons démontré deux choses importantes. D’abord, que ce virus de chauve-souris aurait peu de chances d’infecter des pangolins. Ensuite, qu’un virus de pangolin aurait le potentiel d’infecter les humains. »

Les travaux de l’étude ne permettent cependant pas de déterminer si ce virus de pangolin fait définitivement, ou non, partie de la chaîne d’évolution du SARS-CoV-2. Mais les conclusions viennent toutefois soutenir divers scénarios expliquant comment le coronavirus est passé des chauves-souris aux humains.

L’un de ces scénarios repose sur un coronavirus de chauve-souris encore inconnu qui pourrait infecter les pangolins, qui auraient ensuite transmis le tout à l’humain. Ou, d’un autre point de vue, un coronavirus encore inconnu aurait pu fusionner avec un autre coronavirus chez une espèce non identifiée, au lieu du pangolin.

Pour Donald Benton, autre coauteur de l’étude, « il a été démontré qu’un virus de pangolin pourrait passer chez l’humain, alors nous mettons en garde contre tout contact avec cette espèce, et appelons à la fin du trafic de ces animaux, pour nous protéger contre les risques potentiels ».

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