Twilight Struggle: la guerre froide à distance

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L’avenir des jeux de société n’est pas toujours assuré sur une plateforme électronique. Si l’on perd, déjà, ce sentiment de collégialité, cette occasion de se rapprocher, potentiellement en prenant un verre, la transposition des jeux de société vers les jeux vidéo, que ce soit sur tablette, sur téléphone, ou sur ordinateur portatif ou de bureau, comporte son lot de risques. Fort heureusement, l’un des jeux les plus intéressants et exigeants des dernières années, Twilight Struggle, réussit à tirer relativement bien son épingle du jeu en ce sens.

Développée et publiée par Playdek, la version numérique de Twilight Struggle reprend, en l’essence, l’intégralité de l’expérience du jeu du même nom distribué par GMT Games. Deux joueurs, respectivement aux commandes des États-Unis et de l’URSS, tentent de contrôler le monde en reproduisant les affrontements politiques, économiques et militaires de la guerre froide.

Pour l’emporter, il faut accumuler davantage de points de victoire que son adversaire, généralement en accumulant de « l’influence » dans divers pays du globe. Cette influence provient des cartes distribuées au hasard aux joueurs au début de chaque phase de chaque tour, cartes qui s’appuient sur des événements historiques, et qui peuvent être jouées de différentes façons, en fonction du « camp » auquel ces cartes sont principalement destinées, etc.

Comme toujours, la complexité de Twilight Struggle est aussi sa force. Il faut savoir gérer de nombreuses informations à la fois, en plus de tenter de deviner les cartes que son adversaire pourrait avoir en main, et, si possible, prévoir ses propres actions plus d’un tour à l’avance. Tout en sachant que la situation pourrait changer complètement en raison d’une erreur de sa part, ou d’un bon coup effectué par son opposant.

Dans la version numérique du jeu, Playdek a franchement très bien transposé les différentes mécaniques. L’ajout de certaines indications visuelles et sonores, notamment lorsque le niveau de « danger stratégique » augmente, c’est-à-dire lorsque la fameuse « Defense Condition » (DEFCON) diminue à la suite du choix de l’un ou l’autre des joueurs, permet véritablement de se mettre dans l’ambiance de la guerre froide.

Sans surprise, non plus, le jeu vidéo permet d’éviter que les joueurs commettent des impairs et procèdent à l’encontre des règles. Il sera par exemple impossible de sélectionner les options interdites, par exemple. Plus besoin de se rappeler l’intégralité des règles pour pouvoir aller de l’avant.

Paradoxalement, et c’est là, sans doute, l’un des aspects les plus agaçants du jeu, ces mêmes règles semblent être cachées quelque part, loin dans le code informatique du titre. Il ne semble pas possible, en effet, de consulter une version électronique de l’ensemble des règlements. On a plutôt droit à un court résumé, mais rien qui pourrait expliquer, par exemple, pourquoi il n’est pas possible d’utiliser de l’influence sur certains pays, ou la différence entre un jet de réalignement et une tentative de coup d’État. Toutes des choses plus qu’utiles dans le jeu, on en conviendra.

De là à dire que la version électronique de Twilight Struggle est destinée aux habitués du jeu sur plateau, il n’y a qu’un pas qu’on pourra franchir relativement aisément. Cela ne veut certainement pas dire que l’expérience n’est pas agréable, mais on peut se sentir quelque peu dépassé, si l’on est novice, devant tant de choix qui ne sont pas toujours très bien expliqué.

On regrettera, aussi, ce qui semble être une impossibilité de sauvegarder une partie pour la reprendre plus tard. Quand on parle d’un jeu dont une séance dure au moins trois heures, il faudra s’armer de patience!

Twilight Struggle

Développeur et éditeur: Playdek

Plateforme: Windows (Steam), Android, iOS (testé sur Windows)

Jeu non disponible en français

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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