Brûler des déchets menace la vie de dizaines de millions de personnes

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La santé de « dizaines de millions de personnes » serait mise à mal par la mauvaise gestion des déchets produits par nos villes et nos usines, notamment lorsque ces rebuts sont brûlés, révèle une récente étude mondiale réalisée par l’Université de Leeds, au Royaume-Uni.

Selon ces travaux, les mauvaises pratiques en matière de gestion et d’élimination des déchets sont « très largement répandues », et que la principale menace est la destruction des déchets solides dans des incinérateurs, ou carrément en plein air, dans des brasiers allumés à cet effet.

Pire encore, faute de données suffisantes pour l’ensemble de la planète, il est impossible de connaître la véritable ampleur du problème, mettent en garde les chercheurs.

Jusqu’à 500 millions de tonnes (24% de l’ensemble) de déchets solides produits dans les villes ne seraient pas récupérés à l’échelle mondiale, et 27% supplémentaires sont mal gérés après avoir été ramassés, apprend-on dans l’étude. La plupart de ces déchets mal gérés sont détruits par le feu dans des brasiers à ciel ouvert. Ce phénomène est particulièrement répandu dans les pays aux revenus faibles et moyens, où les systèmes de collectes sont déficients, tout comme ceux du traitement des déchets, quand il ne sont pas carrément manquants.

Les rebuts sont ainsi brûlés près des maisons, sur des terrains industriels ou commerciaux, ou encore dans de grandes décharges non contrôlées. Les émissions dangereuses ainsi produites se retrouvent dans l’atmosphère et dans les sols, et vont ainsi menacer l’environnement et la santé de ceux qui vivent et travaillent à proximité.

L’étude a d’ailleurs permis de constater que les émissions provenant de ces bûchers tombent dans plusieurs catégories, à savoir les particules organiques polluantes, les produits cancérigènes, les produits provoquant des mutations, ceux entraînant des handicaps immunologiques et des retards de développement, ainsi que les produits qui pourraient mener à des dysfonctionnements des appareils et systèmes reproducteurs.

11 millions de « fouilleurs de déchets »

Au dire des chercheurs, les bûchers de déchets à ciel ouvert font partie de trois problèmes interconnectés qui ont été mis au jour durant les travaux, en compagnie des décharges et des obstacles que doivent surmonter les 11 millions de personnes qui gagnent leur vie ou leur pain quotidien en fouillant dans les déchets. Cette main-d’oeuvre largement informelle regroupant des hommes, mais aussi des femmes et des enfants, récolte annuellement quelque 90 millions de tonnes de déchets à des fins de recyclage, tout en étant exposés à d’importants risques, y compris lorsque les déchets sont brûlés à ciel ouvert.

Il existerait peu de données empiriques sur les endroits où sont brûlés les déchets, ce qui est brûlé, et la quantité de déchets détruits de cette façon. Difficile, aussi, de connaître le véritable impact sur les gens et sur l’environnement à l’échelle locale, ou à une échelle plus vaste.

Simplement interdire cette pratique ne résoudra pas les problèmes existants en matière de sécurité, et il faut intervenir à plus grande échelle, disent les chercheurs. Mettre fin à la pratique de la destruction des déchets par le feu pourrait faire en sorte que jusqu’à 1 000 000 000 de tonnes supplémentaires de déchets solides pourraient être traitées à l’échelle mondiale.

« Il ne fait aucun doute que la gestion des déchets de l’humanité et son impact sur la santé et la sécurité devraient bien davantage attirer l’attention. Il est incroyable de constater que nous utilisons encore des méthodes primitives pour gérer notre problème de déchets au 21e siècle. Ce n’est pas seulement une question technique… l’économie et les exigences humaines jouent aussi un rôle », affirme le professeur William Powrie Freng, de l’Université de Southampton.

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Pieuvre.ca

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