Recherches: si vous voulez être gratuit, il faut payer

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Vous êtes partisan de l’accès gratuit aux recherches scientifiques et vous voulez que vos recherches soient accessibles à tous les lecteurs d’une revue scientifique prestigieuse dès leur publication? L’éditeur de la revue Nature est finalement d’accord. À condition que vous payiez 9500 euros.

À partir du 1er janvier, l’éditeur facturera en effet cette somme (15 000$ CAN) pour rendre immédiatement une recherche en « accès libre » sur les sites de Nature et des 32 autres revues dont le contenu était resté, jusqu’ici, exclusif aux abonnés.

Cette décision, qui ne fait pas l’affaire de tout le monde, est la réponse longtemps attendue de l’éditeur britannique Springer Nature aux pressions des organismes subventionnaires de la recherche. Dix-neuf d’entre eux, dans 16 pays dont la France, ont lancé en 2018 le « Plan S » — en vertu duquel toutes les recherches financées par des fonds publics de leurs pays devraient être accessibles à tous, et gratuitement, à partir du 1er janvier 2020. Devant les réticences des éditeurs, la coalition leur avait accordé un an de plus.

L’annonce a été vue positivement par ceux qui font de l’accès libre un cheval de bataille depuis deux décennies: c’est une percée significative, considérant l’importance de Nature dans l’écosystème de la publication scientifique. Mais ça représente en même temps une facture élevée, qui pourrait bloquer des chercheurs oeuvrant dans des institutions moins fortunées, ou des pays en développement.

Officiellement, la somme est censée couvrir les frais de révision par les pairs, mais un chercheur qui révise une recherche avant sa publication dans une revue n’est typiquement pas payé. Et la somme est plus élevée que celle que facturent déjà la plupart des revues.

Selon les chiffres fournis par l’éditeur, les différentes publications du groupe ont évalué environ 57 000 articles en 2019; 10 000 ont passé la première étape du tamisage, ce qui signifie qu’ils ont été envoyés à des experts pour être évalués — c’est cette étape qu’on appelle typiquement la révision par les pairs. Parmi ces 10 000, moins de la moitié (4500) ont finalement été publiés.

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Agence Science-Presse

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