Birds of Prey: les drôles de dames de DC Comics

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Si sa sortie physique, qui devait avoir lieu il y a deux mois, a été chamboulée par l’arrivée de la pandémie, les amateurs d’adaptations de comics au grand écran peuvent enfin se procurer Birds of Prey en 4K, Blu-ray et DVD.

Afin de noyer son chagrin et d’annoncer à la face du monde sa rupture définitive avec l’homme qu’elle appelait affectueusement « pudding », Harley Quinn a fait exploser l’usine d’Ace Chemicals (en plus d’adopter une hyène comme animal de compagnie), mais apprenant qu’elle n’est plus en couple avec le Joker et ne bénéficie donc plus de sa protection, les innombrables personnes à qui elle a causé du tort par le passé décident de se venger, et de lui faire la peau. Tandis que la moitié de Gotham est déjà à ses trousses, l’ancienne psychiatre se fera de nouveaux ennemis en mettant la main sur le diamant des Bertinelli, et tandis que la ville est mise à feu et à sang par une lutte de pouvoir entre les différents criminels qui convoitent le joyau, Harley découvrira les joies, et les bienfaits, de la solidarité féminine.

La pochette du boîtier

Même si Birds of Prey présente une sorte de version délétère et tordue de la philosophie du « girl power » et incorpore plusieurs personnages féminins de l’univers de DC Comics à son intrigue (dont la détective Renee Montoya, Huntress, Black Canary, ou Cassandra Cain, qui deviendra éventuellement la quatrième Batgirl), le long-métrage de Cathy Yan s’articule principalement autour de Harley Quinn, qui en assume d’ailleurs la narration éclatée. À l‘image de cette anti-héroïne, il s’agit d’une œuvre décousue et chaotique, qui s’éparpille dans toutes les directions et ne trouve son erre d’aller que dans la troisième partie, mais grâce à son savant mélange d’action, de violence excessive et d’humour corrosif qui lui a valu d’être coté 18 ans et plus, le film procure tout de même un divertissement solide.

En transposant la personnalité et les tenues flamboyantes de Harley Quinn à l’écran pour créer un univers tape-à-l’œil, fortement influencé par le Pop art et l’esthétique des comics, Birds of Prey est un petit bijou visuel. Séquences animées, texte se superposant à l’écran afin d’identifier les nouveaux personnages et leurs griefs contre l’ex du Joker, numéros de danse ou de cabaret, le long-métrage arbore une incroyable beauté plastique. Habituellement glauque et sombre, Gotham n’a jamais été aussi lumineuse, et chaque séquence déborde de couleurs vives, dont du mauve néon, du rose bonbon, du vert fluo, ou du jaune pétant. Même la violence est colorée, avec une carabine tirant des balles de peinture ou des paillettes, et surnommé le « fun gun ».

Image tirée du film

L’interprétation de Harley Quinn par Margot Robbie a définitivement été la révélation et le point fort de Suicide Squad, et l’actrice reprend le rôle avec le même aplomb dans Birds of Prey, avec un jeu à mi-chemin entre l’exubérance et la névrose qui sied à merveille au personnage. Ses complices Jurnee Smollett-Bell (Black Canary), Rosie Perez (Renee Montoya), Ella Jay Basco (Cassandra Cain) et Mary Elizabeth Winstead (The Huntress) tirent toutes leur épingle du jeu, même si elles disposent d’assez peu de temps d’écran. Du côté masculin, Ewan McGregor, habituellement très bon, livre une performance un peu trop caricaturale dans la peau du vilain Black Mask, et Chris Messina, méconnaissable sous ses cheveux blancs et son visage balafré, livre un Victor Zsasz à la fois très personnel, et impeccable.

L’édition ultra haute définition de Birds of Prey contient deux disques, l’un au format 4K et l’autre Blu-ray, et s’accompagne d’un code pour télécharger une copie numérique du long-métrage. En plus d’un mode de visionnement « augmenté » qui superpose diverses informations à l’écran et permettra aux néophytes de l’univers DC d’en apprendre davantage sur la galerie de personnages du film et d’un montage des décrochages les plus drôles survenu sur le plateau, l’édition compte également une foule de revuettes, qui explorent la performance de Margot Robbie, les personnages masculins et féminins de l’intrigue, les coulisses de la scène de roller derby, la direction artistique, les costumes, ou encore les effets spéciaux.

Birds of Prey ne conviendra peut-être pas au grand public, mais ceux et celles qui connaissent bien l’univers de DC Comics et apprécient le personnage d’Harley Quinn trouveront leur compte avec ce film déjanté, survolté, et flamboyant.

7/10

Birds of Prey and the Fantabulous Emancipation of One Harley Quinn

Réalisation: Cathy Yan

Scénario : Christina Hodson (d’après le personnage créé par Paul Dini et Bruce Timm)

Avec : Margot Robbie, Rosie Perez, Mary Elizabeth Winstead, Jurnee Smollett-Bell, Ewan McGregor, Ella Jay Basco et Chris Messina

Durée : 109 minutes

Format : UHD (4K + Blu-ray + copie numérique)

Langue : Anglais, français et espagnol

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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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